INTERVIEW Le dissident Julien Plantier : « Je ne suis pas un cas isolé »

En dissidence, l'adjoint aux sports de Nîmes bat campagne pour les Législatives, sur la première circonscription. Face aux difficultés de ce territoire, à la fois urbain et rural, quelles réponses apporte-t-il ?
Objectifgard : Est-ce que vous l'avez reçue ?
Julien Plantier, surpris : Euh… De quoi me parlez-vous ?
De la lettre, envoyée par Les Républicains, qui menace de vous exclure, si vous ne retirez pas votre candidature…
Ah ! Cette lettre, je ne la recevrai pas avant le premier tour de la Présidentielle... D'ici là, on verra comment les choses évoluent. J'ai déjà dit que je n'étais pas jusqu'au-boutiste et que je prendrai mes responsabilités. Vous savez, dans mon parti, je ne suis pas un cas isolé : il y a une vingtaine de candidats dissidents, à cause de spécificités locales.
Aujourd'hui, vous ne respectez pas les règles de votre parti. Qu'est-ce qui nous dit, qu'une fois à l'Assemblée, vous ne resterez pas frondeur ?
Ça peut paraître contradictoire, mais je serai le premier à défendre François Fillon. Je suis membre du parti Les Républicains depuis 12 ans… Plus qu’un centriste, je partage ses valeurs, son programme et ses courageuses réformes.
Parlons de la première circonscription. Quelles sont les principales difficultés des habitants ?
Avec le canton de la Vistrenque, ce territoire est très agricole : viticulteurs, arboriculteurs, maraîchage et même riziculture… L'un des problèmes est la concurrence déloyale, avec les autres pays européens, où la main d’œuvre est moins chère et où les normes sont moins contraignantes. Par exemple : un négociateur français va acheter du vin en Espagne. Il le fait embouteiller dans le Gard, appose une étiquette qui a l’air française, est le vend moins cher !
Que proposez-vous ?
Il nous faut un meilleur étiquetage sur la provenance du vin. Les consommateurs doivent savoir exactement ce qu'ils achètent. En attendant une homogénéisation des règles européennes, il faut libéraliser le marché de l'emploi. François Fillon propose de baisser les charges patronales. Ça permettrait de baisser le prix des produits et d'augmenter le pouvoir d'achat des consommateurs. Je veux aussi parler du problème de l’indemnité compensatoire de handicap naturel (ICHN). Le Gard est défavorisé par rapport à ses départements voisins, alors que nous connaissons des problèmes de sécheresse et de zone humide. Ce n'est pas normal. Il faut revoir le schéma national.
La ruralité semble vous tenir à cœur...
En France, il y a deux fractures. La fracture sociale, entre les quartiers résidentiels et populaires, mais aussi la fracture territoriale, entre les zones urbanisées et rurales (La première circonscription regroupe la commune de Beaucaire et une partie de Nîmes, NDLR). Les habitants des zones rurales se sentent abandonnés, oubliés… Pourtant, ils représentent 60 % de la population française ! Entre 2014 et 2015, le budget alloué aux quartiers en zone urbaine était de 5 milliards contre 500 millions pour les territoires ruraux.
Alors que proposez-vous pour améliorer leur condition ?
Aujourd’hui, l’économie change. On a de plus en plus de télétravail. Il faut un vrai déploiement du numérique…
… Le Département s'y emploie déjà. Cette année, il lance son plan Très Haut Débit.
En parallèle, il faut accroître les aides à la ruralité en luttant contre les déserts médiaux. Il faut aller plus loin sur les mesures d’incitation pour que les praticiens s’installent en zone rurale. D’ailleurs, François Fillon propose de remettre en place l’exonération des charges pour les entreprises qui s’installeraient dans les villages. Une mesure abrogée par François Hollande...
L’armée est aussi très présente dans cette circonscription. Que proposez-vous pour améliorer la condition de nos militaires ?
Avoir des militaires sur notre territoire est un atout, une fierté et un honneur. Nous avons besoin d'eux pour lutter contre la menace terroriste. Nous devons bien assurer leur déroulé de carrière et leur retraite.
Pas très concret tout ça…
Je ne vais pas faire de langue de bois : je ne connais pas tous les dossiers sur le bout des doigts. Mais mon engagement, je le fais avec envie et passion.
Si vous aviez la possibilité de déposer une loi au Parlement, sur quoi porterait-elle ?
Un texte autour de l'université (Julien Plantier est enseignant-chercheur à l'université de Nîmes, NDLR). Aujourd'hui, il y a un problème avec la bourse : certains étudiants sont aidés par l'État, mais ne viennent pas en cours... D'autres sont trop riches pour être aidés et, trop pauvres pour poursuivre leurs études dans de grandes écoles ! Il faut plus de contrôle, un suivi personnalisé des étudiants pour une meilleure répartition de cet argent.
Propos recueillis par Coralie Mollaret
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