Le 7H50 de Michel Cegielski : « L’Europe ? On s’excite un mois avant et on pleure un mois après… »

Rencontre avec Michel Cegielski, ex-président du Parti radical de gauche. L'adjoint à la sécurité du maire de Bagnols figure en 54e position sur la liste Renaissance de la majorité présidentielle.
Objectif Gard : La campagne des Européennes a officiellement démarré lundi. Pourquoi avoir accepté d’être candidat ?
Michel Cegielski : Il y a d’abord le côté politique. Ça a été proposé par le mouvement radical puisque nous avons 7 places sur la liste de la majorité présidentielle, Renaissance. Bon, après ne rêvons pas, je suis non-éligible mais je me serais engagé derrière cette liste de toute manière. Ce programme est celui qui se rapproche le plus de nos idées politiques, comme la lutte contre le nationalisme ou la création d’un SMIC européen reprenant les salaires médians des pays.
Même en position non-éligible, votre candidature est un investissement personnel. Que vous demande-t-on ? De vous déplacer, de contribuer financièrement à la campagne ?
(Il sourit) Non, pas d’argent ! Après oui, je fais le job. Je dois répondre aux questions des journalistes. Je fais également les déplacements dans le cadre de la campagne. La semaine dernière j’étais à Alès, avant aux Angles. Avec le MoDem et Agir, nous sommes une minorité. Mais cette campagne nous permet de nous rendre visible. En échange, nous espérons apporter nos quelques pourcentages à la majorité présidentielle pour faire la différence le 26 mai. À partir de maintenant la campagne va s’intensifier. Mercredi, je pars à Paris pour récupérer du matériel de campagne et je tracterai dans le nord du département.
Avec tous ces partenaires, n’est-ce pas difficile de se coordonner ?
Non, pas du tout. On va se voir aujourd’hui à Nîmes. Très franchement, on travaille bien ensemble. Le nouveau président du MoDem dans le Gard a l’air assez ouvert. Ensuite, que ce soit En Marche avec Jérome Talon ou Agir avec Christian Baume, nous sommes tous issus du territoire bagnolais. Ça crée des liens. Il y a certains départements où ça ne se passe pas aussi bien.
Alors qu'elle est si décriée, qu’est-ce que représente l’Europe pour vous aujourd’hui ?
D’abord la paix. Ça peut paraître idiot dit comme ça, mais au contraire. Les jeunes aujourd’hui n’ont pas connu la guerre. Leurs parents non plus. Ils ne se rendent pas toujours compte des ravages que peut faire le nationalisme. Récemment, je suis allé en Pologne, j’ai été choqué du discours tenu là-bas concernant les immigrés. Moi vous savez, je suis un peu européen par définition : un de mes grands-pères a fait partie de l’armée prussienne et l’autre du Tsar.
« Il faut payer notre dette envers l’Afrique »
Quels sont les dysfonctionnements de l'Union, d'après vous ?
Sur l’immigration, nous n’avons pas de politique commune. Certains pays de l’Est et du Nord comme la Hongrie, le Danemark ou la Hollande ne veulent pas d’immigrés. Ils ont peur. Alors ce sont les autres pays de l’Union qui doivent s’en charger. Ils sont parfois dépassés. Regardez l’Italie… Je suis un humaniste. Je pourrais vous parler des problèmes économiques mais d’autres le font mieux que moi !
Citez une ou deux solutions que vous aimeriez apporter...
Eh bien, il nous faut une vraie politique migratoire et que chaque pays prenne sa part. L’Europe a des avantages mais les pays qui la composent doivent aussi être solidaires. Il faut que l’Europe aille vers les pays africains, que l’on aille les aider. C’est ce qu’a dit Jean-Louis Borloo (ancien ministre et président du Parti radical, NDLR). On est allé là-bas pour tirer leurs richesses et maintenant, il faut payer notre dette. Les migrants sont poussés à partir à cause de la guerre, la famine, la pauvreté. Ne l'oublions pas.
Le principal adversaire désigné de ce scrutin européen c'est l’abstention. Comment réussir à mobiliser les électeurs ?
Soyons clairs, je pense qu’il y aura le même type d’abstention qu’aux précédentes élections de 2014. Pourquoi ? À cause de nous, les grands et petits élus ! Entre deux élections, vous nous entendez parler d’Europe ? Non ! On s’excite un mois avant et on pleure un mois après. Entre deux élections, aucune pédagogie. Il ne faut pas s’étonner ensuite que personne ne se bouscule aux urnes.
Craignez-vous que le scrutin prenne la forme d’un référendum anti-Macron ?
C’est présenté comme ça par les Gilets jaunes ou Jean-Luc Mélenchon. Moi je ne suis pas pro-Macron, par contre au niveau européen, je pense que son programme est le meilleur. Mais une fois encore, c’est de notre faute. On aurait mieux fait d’expliquer aux jeunes ce qu’est l’Europe. Aujourd’hui les gens mélangent tout...
Propos recueillis par Coralie Mollaret
coralie.mollaret@objectifgard.com
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