Publié il y a 3 jours - Mise à jour le 27.03.2025 - Boris De la Cruz - 2 min  - vu 1791 fois

JUSTICE Un homme confondu par ses selfies sur les lieux de l'agression sexuelle d'une femme

Cette femme en état de vulnérabilité à cause de problèmes médicaux a livré, ce jeudi après-midi, un témoignage poignant devant le tribunal correctionnel de Nîmes.  

Cet homme d'une trentaine d'années est tapi dans la végétation du mas d'Escattes dans le quartier de courbessac à Nîmes... Ce 9 octobre 2023, dans l'après-midi, il attend sa proie. Lorsqu'il voit arriver une femme frêle et seule, il saute sur l'occasion. Par derrière, il attrape violemment sa victime par les cheveux et lui arrache une touffe qui sera retrouvée plus tard par les enquêteurs du commissariat de Nîmes. "Puis, il m'a frappée d'un coup de poing dans le visage, mes lunettes ont été cassées, je saignais", poursuit la plaignante qui raconte son calvaire ce jeudi devant le tribunal correctionnel de Nîmes. Elle est tombée au sol, elle a été traînée, puis l'homme a essayé de lui enlever son pantalon. Elle est parvenue à fuir et à se cacher, avant d'appeler la police.

Arrêté le 16 octobre 2023, l'homme présent dans le box est un Afghan de 31 ans. Il est poursuivi pour "agression sexuelle sur une personne vulnérable". Les faits, au départ, étaient ouverts au criminel pour tentative d'homicide et tentative de viol. Ils ont depuis été correctionnalisés.

Rapidement après les faits, des témoignages permettent de cibler l'individu à rechercher, il est reparti à vélo. Un homme à vélo qui se fait remarquer depuis quelques temps dans et autour d'un foyer de la commune de Marguerittes. Il suit les femmes et les enfants. Il surveille les parcs et les jardins de la ville. Son signalement est donné, les gendarmes contrôlent son identité et un lien est rapidement effectué avec l'agresseur sexuel nîmois. D'autant que cet Afghan "au comportement atypique", selon des salariés du foyer qui l'héberge suscite de vives inquiétudes. Les employés du foyer ont l'ordre de venir à sa rencontre, mais à deux et jamais seuls. Il a en effet essayé d'abuser d'une salariée dans les toilettes de l'établissement quelques temps avant l'agression de la promeneuse nîmoise...

Durant son périple pour quitter l'Afghanistan, cet homme est passé par plusieurs pays européens... Il a d'ailleurs laissé une trace de son passage dans deux pays, mais avec d'autres identités. C'est le cas en Allemagne et au Royaume Unis pour deux affaires... de délinquances sexuelles. 

Depuis son interpellation et encore aujourd'hui à l'audience, le suspect nie catégoriquement l'agression et sa "rencontre" avec la victime. Pourtant, il a changé de version car il avait notamment "pris des selfies le jour des faits et sur les lieux de l'agression", dénonce maître Sèverine Moulis pour la partie civile. Des images qui vont le confondre un peu plus. D'autant que la victime est affirmative : l'homme dans le box est bien son agresseur. Elle l'a reconnu sur photo, puis lors des confrontations, et encore aujourd'hui. Malgré les éléments contre lui, l'Afghan, le regard fixe et impénétrable, nie l'agression. "Une position du prévenu qui est intenable (...) Je suis d'autant plus inquiète qu'il n'a pas conscience de la gravité de son comportement", insiste la procureure en réclamant 6 ans de prison dont 2/3 de peine de sûreté. 

"Monsieur est inquiétant physiquement, socialement, pénalement, plaide pour le mis en cause maître Carmelo Vialette. Mais ce n'est pas parce qu'il a inquiété tout un village qu'il faut en faire un coupable", essaie de convaincre son conseil. Ce prévenu "atypique" est finalement condamné à 8 ans dont les 2/3 de peines de sûreté. Il a de plus l'interdiction définitive de quitter le territoire national. Maître Vialette a immédiatement fait appel de cette décision. L'Afghan aura donc droit à un second procès dans quelques mois...

Boris De la Cruz

Faits Divers

Voir Plus

A la une

Voir Plus

En direct

Voir Plus

Studio