AVIGNON Onirique et monumentale, l’exposition « Palazzo » d’Eva Jospin investit le Palais des Papes

Eva Jospin propose "Palazzo" au Palais des Papes
- Photo : Thierry AllardC'est une exposition déroutante, hors du commun, tant par les formats de la plupart des oeuvres qu’elle présente que par les matériaux utilisés. L’artiste plasticienne Eva Jospin propose « Palazzo », une déambulation artistique autant qu’une exposition au sein du monument médiéval.
Il serait facile de faire des jeux de mots sur le fait que cette exposition va cartonner, faire carton plein, les deux, autant qu’il serait faux de penser que le carton ne peut être un matériau noble, en tout cas à même d’exprimer un geste artistique fort. Car du carton, Eva Jospin fait des oeuvres d’art tantôt modestes, tantôt monumentales, et « Palazzo » est de ce point de vue un exemple parlant du sillon que l’artiste creuse avec un succès certain depuis des années. En tout cas assez pour faire rayonner son nom dans le monde de l’art comme son père l’avait fait en politique avant elle.
Un sillon fait de carton, mais pas que, nous y reviendrons, et de forêt. La forêt, une obsession qu'on retrouve un peu partout dans son oeuvre, faite de croisements de bâtis et de lianes, comme une reprise du pouvoir de la nature sur l’Homme. La minutie de ses oeuvres, quelle que soit leur taille, impressionne, et invite « à s’approcher », selon les termes de l’artiste.
On se perd, que ce soit dans les détails cachés ça et là, mais aussi dans les trois immenses broderies de dix mètres de long et trois de haut conçus comme « une vision totalement panoramique, une promenade dans un jardin imaginaire, une grotte puis une forêt, on se perd dans l’idée du mouvement et entre les motifs et les couleurs », présente Eva Jospin.
L’artiste se joue de la perception, aussi lorsqu’elle propose « Petite folie », une oeuvre entièrement en bronze, coulée à partir du modèle exposé à l’entrée de l’exposition. Le bronze reprend la forme et la texture du carton. « Il y a deux versions, la modeste en carton, et la luxueuse et riche en bronze brossé, qui évoque l’esprit des lieux », commente-t-elle. La perception aussi avec une suspension créée spécialement pour la cuisine haute, « Empyrée », et son escalier évoquant celui de Bramante, au Vatican, « ici, au contre-palais », s’amuse-t-elle en évoquant l’histoire mouvementée des papes à Avignon. La suspension « invite à lever la tête, voir la lumière arriver d’en haut », et fait son petit effet.
Eva Jospin aime jouer sur l’émerveillement. Émerveillé, le visiteur le sera à coup-sûr dans la grande chapelle, dernière étape d’une exposition dont la découverte se fait « crescendo », selon le terme choisi par la maire d’Avignon Cécile Helle. Là, trois oeuvres monumentales, jusqu’à dix mètres de haut, habitent les lieux, et à première vue on refuse de croire qu’il ne s’agit « que » de carton.
Il faut dire que c’est bien plus que ça : c’est « une évocation du théâtre » pour la première, « Côté cour, côté jardin », dans une ville qui aime cet art. Une oeuvre dont il faut découvrir les deux faces, « le côté cour, l’ordre, la loi, et le côté jardin, la forêt, la passion, le chaos mais aussi le merveilleux », affirme Eva Jospin. Au fond, le « Cénotaphe » évoque l’absence, et entre les deux, « Nymphées », peut-être l’oeuvre la plus impressionnante de l’exposition, véritable grotte, évoque « l’idée de la traversée, avec comme un lit de rivière », présente-t-elle. Face à cette oeuvre, il faut se faire violence pour ne pas pousser la curiosité jusqu’à pénétrer physiquement dans cet univers onirique et y crapahuter.
Avec « Palazzo », Eva Jospin incarne pour cette année « notre envie de mettre en confrontation l’art contemporain et ce monument emblématique d’Avignon inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco », contextualise Cécile Helle. Et en ce sens, plus qu’une confrontation, il s’agit d’une complémentarité tant les oeuvres vont comme un gant au Palais des Papes, où les jeux de texture et de lumière naturelle apportent aussi leur pierre au « Palazzo ».
« Palazzo » d’Eva Jospin, à voir au Palais des Papes d’Avignon jusqu’au 7 janvier 2024. Tarif : 12 euros (visite du palais avec exposition), 10 euros réduit, 6,5 euros pour les enfants (8 à 17 ans).
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