TOROS La génération montante d'apprentis toreros était à Bouillargues
Novillada sans picadors de Yonnet, François André, Christophe Yonnet (un eral du Scamandre était initialement prévu), Alain et Frédérique Tardieu, Malaga et Pagès-Mailhan pour Miriam Cabas (vuelta et salut), Nino Julian (salut et vuelta) et Pedro Andrés (silence et deux vueltas).
La novillada sans picadors organisée par le club taurin La Embestida dans les arènes de Bouillargues est toujours un excellent moment d'aficion. C'est une belle occasion de finir la temporada de manière très locale mais aussi de faire émerger de nouveaux talents tout en confirmant les qualités des apprentis les plus confirmer. Et cette année, cela fait dix ans que les organisateurs organisent !
Inconnue du grand public mais ayant toute l'adhésion de la chambrée présente, Miriam Cabas a des choses à nous dire. Son toreo simple, pur et sans fioritures est celui d'une torera sûre de son fait. Cheffe de lidia, elle reçoit son Yonnet avec tact mais sans grand pouvoir. On a vu la torera déterminée à trouver les bons recours mais parfois un peu juste dans certains terrains. Le public la soutient, elle s'accroche et fait le job. Miriam Cabas est honnête, elle torée sans tricher et ça, c'est déjà pas mal ! Vuelta célébrée par les tendidos qui apprécient la force, le courage et la détermination de la personne.
Deuxième duel, second instant d'observation. Face à un Alain et Frédérique Tardieu qui pique à droite et qui a des pointes acérées des deux côtés, l'élève de Ruiz Miguel (Gibraltar) fait mieux. Elle passe la vitesse supérieure, se relâche un tantinet mais reste droite dans ses bottes et dans le chemin qu'elle se trace au quotidien. Des gestes précis, une vision de la tauromachie simple et sérieuse, une élégance non dissimulée mais quand il faut y aller, elle y va. Cabas ne coupe pas mais obtient l'affection des gradins. Salut.
Les deux autres toreros du jours des hommes, devaient quant à eux briller pour espérer. Premier d'entre eux, Nino Julian qui passera en catégorie supérieure la semaine prochaine à Istres le 15 octobre devant une course des filles Fernay et en compagnie de Tristan et de Clemente Jaume. Une double raison pour accélérer le processus et pour commencer à se projeter dans ce prochain pari. Bouillargues sera pour lui l'arène des adieux mais aussi celles des espérances. D'emblée avec son François André (évidemment), justement, il se lie de passion mais la faena sera d'intensité décroissante. Novillero banderillero, il avait une nouvelle fois réveillé les arènes au tercio de banderilles. À la muleta, le François André met la tête et s'accorde au piéton sur la gauche. Salut un poil forcé.
Sur son second de Malaga qu'il brinde à ses proches leur disant qu'il finissait un cycle pour en commencer un autre, l'élève du Centre Français de Tauromachie, a montré la fougue qu'on lui connaît. D'une belle noblesse, le becerro se prête volontiers aux passes que lui impose le Nîmois. Nino Julian se prépare à devenir quelqu'un d'autre, le volume et le comportement d'un novillo seront autant de nouveautés à découvrir mais en attendant, il termine avec les honneurs mais sans les aciers qui lui font perdre le maigre bénéfice gagné. La joie transmise aux gradins suffira, le jeune fera une belle et logique vuelta. Suerte à lui pour la suite des événements !
Pedro Andrès était venu pour marquer les esprits mais il n'aura qu'à moitié tenu sa promesse. Longiligne silhouette, figure d'enfant, on ne voit pas bien où se cache le torero lors de son premier duel avec un cogneur de chez Christophe Yonnet. Pourtant et même s'il ne parviendra pas à trouver les recours nécessaires à une tauromachie plus sereine, Pedro Andrés arrive à chiper une fine série à gauche et une paire de belles passes à droit. Hélas, la mort et la froideur du public l'empêchent de couper.
Pour clôturer la course, l'élève de l'école de Salamanque a décidé de mettre le feu. Plus à son aise avec ce Pagès-Mailhan (qui a remplacé un autre exemplaire de ce même fer avant le paseo) qui transmet plus, Pedro Andrés se montre immédiatement sous un autre jour. Il harangue gentiment, il est plus juste dans ses attitudes, il comprend mieux son adversaire et l'embraque dans quelques courbes élégantes et plaisantes à voir. En se le passant dans le dos et en y faisant baisser la tête, l'Espagnol montre les qualités d'un becerro qui n'a aucun vice et qui est fait pour le triomphe. L'épée tombe, le public demande l'oreille, le palco ne cède ni pour le mouchoir blanc ni pour le bleu. Le jeune fait une première puis une seconde vuelta pour limiter la frustration. La course se termine ainsi avant la remise des prix à La Bergerie, à l'année prochaine avec plaisir !