BAGNOLS/CÈZE Du 11 au 12 juin, "l'accueil de nuit des urgences sera suspendu"

Depuis plusieurs semaines, le service des urgences du centre hospitalier de Bagnols-sur-Cèze est menacé de fermetures partielles certains soirs cet été. Une tension qui s'explique par le manque de médecins urgentistes dans les effectifs. Fin de semaine dernière, le directeur, Jean-Philippe Sajus, a dû décider que "l'accueil de nuit des urgences sera suspendu" du samedi 11 juin 18h30 au dimanche 12 juin 8h30.
Les personnes devront appeler le centre 15 qui les orientera au mieux en fonction de leur situation. Selon leur cas, les patients pourront être dirigés vers la médecine de ville, les urgences de Nîmes, Alès ou Avignon ou verront leurs soins différés au lendemain matin. Bien sûr, les urgences vitales ou absolues (au domicile et dans des accidents de la route notamment, ndlr) seront prises en charge par une équipe mobile du SMUR (Structure mobile d'urgence et de réanimation). Le territoire dispose d'un équipage, composé d'un médecin et d'une infirmière, qui pourra être renforcé par d'autres véhicules grâce la solidarité inter-régionale en cas de besoin.
Cette première suspension de l'accueil de nuit ne sera sûrement pas la dernière, au grand regret de la direction du centre hospitalier. "Ce soir-là, on n'avait pas assez d'urgentistes, on se mettait en péril. La question de responsabilité, on l'a en tête en permanence", lâche Jean-Philippe Sajus, le directeur. Les habitants seront prévenus par voie de presse chaque semaine des fermetures partielles certaines nuits.
Que six médecins urgentistes en équivalent temps plein alors qu'il en faudrait 13
En effet, le service des urgences bagnolais a besoin de 13 médecins urgentistes équivalents temps plein pour fonctionner correctement. Aujourd'hui, il n'y en a que six. "Ça fait trois ans que c'est comme ça. Les professionnels de santé sont parvenus à tenir en prenant sur leur temps personnel et familial. Mais là, leur investissement va au-delà de ce qu'ils peuvent supporter", exprime Pierre Kovalevsky, président de la commission médicale d'établissement.
La crise du covid a amplifié le phénomène et le nombre de candidats à l'embauche ne cesse de diminuer. "Ce n'est pas un problème de moyens, on est prêt à passer outre le réglementaire pour recruter des médecins. C'est un problème d'hommes et de femmes", poursuit Pierre Kovalevski. Est-ce dû à des professionnels qui décident de travailler ailleurs ou bien qui changent de carrière à cause de la "fatigabilité" du métier ? Difficile de l'expliquer... Du côté de la direction, on a tout tenté pour compléter les effectifs qui sont composés pour plus de la moitié de contractuels et qui souffrent d'un déficit structurel depuis des années. Un des professionnels du service a même renoncé à 15 jours de congés au Canada pour tenter de combler le manque de remplaçants.
Mais pour cette nuit du 11 au 12 juin, ça coince. Et cette "réorganisation des urgences" bagnolaises est loin d'être un cas isolé. 130 services d'urgences fonctionnent en situation dégradée en France actuellement. Pourtant, les urgences bagnolaises enregistrent environ 32 000 passages annuels, avec une moyenne entre 80 et 130 passages par jour, avec des pics allant jusqu'à 40% d'augmentation pendant l'été.
Un projet de permanence médicale assurée par la médecine jusqu'à 23h
Il est donc essentiel de maintenir une prise en charge : "Certains hôpitaux ont tout fermé. Nous, on parle davantage de filtrage que de fermeture", nuance Jean-Philippe Sajus. Appeler le 15 plutôt que de se présenter directement à la porte des urgences doit devenir un nouveau réflexe. Encore faut-il que l'appel soit réceptionné, ce qui n'est pas toujours chose aisée. Le centre hospitalier met aussi à disposition des locaux pour la médecine de ville pour créer une permanence médicale jusqu'à 23h. "Ce serait une véritable bouffée d'oxygène pour nous", assure Jean-Philippe Sajus, qui espère que ce projet en maturation depuis six mois pourra très vite voir le jour. Le médecin généraliste, Nathalie Frayssines, a aussi pour ambition de monter une maison médicale où seraient assurées des gardes. Quant aux futures mamans qui se présenteraient aux urgences, un accueil sera assuré 24/24h par l'entrée principale pour être conduites jusqu'à la maternité.
Point positif, aucune fermeture de lit n'est prévue pour le moment. Reste à espérer qu'un rebond de l'épidémie de covid ne survienne pas à la rentrée et ne s'ajoute à cette tension sur le recrutement aux urgences, "sinon, on va avoir de sacrés soucis", déplore Jean-Philippe Sajus. Une manifestation, à l'appel de la CGT, s'est d'ailleurs tenue devant l'entrée des urgences bagnolaises ce mardi midi.
Marie Meunier
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