Publié il y a 16 h - Mise à jour le 04.04.2025 - Yannick Pons - 2 min  - vu 50 fois

CULTURE Histoire d'un Cid : variation moderne du texte de Corneille en musique

Chimène et Le Cid

- Photo Yannick Pons

Hier soir, la scène du théatre de Nîmes accueillait les alexandrins de Corneille, dans une variation du Cid, plus accessible, ludique, légère et musicale. Dernière représentation ce soir.

Qui ne connaît pas Le Cid, son personnage principal Rodrigue et son grand cœur, ces alexandrins que l’on garde en tête depuis l’école et ses épisodes pittoresques ? Le dilemme de Rodrigue, son amour impossible avec Chimène, le secret de l’infante et le désespoir d’un père vieillissant…

Orage

Sur la scène du Théâtre de Nîmes, un château gonflable blanc à deux étages illustre, par son niveau de gonflage, la puissance du propos, l’état de la mer qui bouscule l’embarcation de Rodrigue, le lieu de la narration, l'orage qui gronde. La langue sophistiquée de la littérature des siècles passés a accouché de ces répliques qui font désormais partie éternellement du langage français.

Elles sont reprises en chœur par le public nîmois, qui les a apprises au collège. « Ô rage, Ô désespoir, Ô vieillesse ennemie... », « va, je ne te hais point », « nous partîmes 500, mais par un prompt renfort, nous nous vîmes 3 000 en arrivant au port »...

Le Cid et son bateau • Photo Yannick Pons

Le ton est léger, mais sérieux. « Ton père s’appelle Don Diègue, pas Mick Jagger », lance Federico Vanni à Rodrigue. Jean Bellorini s’autorise ces alternances anachroniques qui rendent le texte plus accessible et l’ambiance moins pesante. Et cela fonctionne. C’est ainsi que ce Rodrigue moderne, incarné magnifiquement par François Deblock, chante en pleine tempête le SOS d'un terrien en détresse de Starmania, un exploit, à la façon de Balavoine dont la voix couvre presque trois octaves. 

Ode à l'amour

Et puis l'Infante, interprétée par Karyll Elgrichi, perchée dans les coulisses de la scène nîmoise, derrière le deuxième rideau, signe un monologue poignant. Le metteur en scène propose ici une variation du Cid de Corneille, permettant à un plus large public d’apprécier la richesse de la langue de Corneille et de faire entendre sa voix.

le cid corneille
Les quatre acteurs et la Vierge • Photo Yannick Pons

Le texte intemporel de l'écrivain résonne avec nos problématiques contemporaines, en illustrant les tensions et les renoncements inhérents à l’amour. Le spectacle, en célébrant cet amour comme un vecteur de communion, offre un message d’unité dans un contexte marqué par les tensions et les incertitudes internationales.

Histoire d’un Cid

  • Variation autour du Cid de Pierre Corneille
  • Adaptation collective du texte
  • Mise en scène Jean Bellorini

Avec

  • Cindy Almeida de Brito, François Deblock,
  • Karyll Elgrichi, Luca Iervolino  jeu
  • Clément Griffault claviers
  • Benoît Prisset percussions
  • Collaboration artistique Mélodie-Amy Wallet
  • Scénographie Véronique Chazal
  • Lumières Jean Bellorini assisté de Mathilde Foltier-Gueydan
  • Son Léo Rossi-Roth
  • Costumes Macha Makeïeff assistée de Laura Garnier
  • Vidéo Marie Anglade
  • Construction du décor et confection des costumes Les ateliers du TNP
Vendredi 4 avril 2025 20h. Salle Bernadette Lafont. Durée 1h50. Tarif II | 23 € – 21 € – 15 € – 10 € – 9 €. Acheter son billet
Yannick Pons

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