LE PORTRAIT Hervé Sallafranque ou la passion de Nîmes

Photo Anthony Maurin : ObjectifGard).
Il est pour certains un animal radiophonique, un homme de scène que l’on ne voit pas mais que l’on a envie d’écouter. Pour d’autres, c’est une voix imprégnée de passion et de foi, une boussole au centre d’un océan de vaguelettes invisibles. Mais au final, quoiqu’il fasse ou quoiqu’il dise, on s’en remet à lui et à ses jugements car ses pouvoirs d’attractivité et d’objectivité sont plus forts.
Hervé Sallafranque s’apprête aujourd’hui à prendre le train et France Bleu Gard-Lozère à perdre une de ses plus emblématiques voix. Ce Nîmois qui n’en est pas tout-à-fait un va devenir le rédacteur en chef de France Bleu Alsace.
"Rien n’est définitif, je pars pour une mission de 3 mois et il serait présomptueux de dire que tout se passera bien et que je vais y rester. La mission est très claire, c’est une des plus grosses stations du réseau France Bleu, avec une grande équipe. J’ai fait mes études à Strasbourg (NDLR : école de journalisme entre 1987 et 1989), je connais et j’adore cette ville si bien qu’après mes études j’en ai pleuré ! J’ai fait Bienvenue chez les Ch’tis mais en Alsace…".
Le rêve de gosse devient réalité
Né le 7 août 1964 à Pau, après être passé par une faculté de langues étrangères appliquées et avoir obtenu un DESS avec une année d'études à Valencia, l’école de journalisme s’ouvre à Hervé Sallafranque. "J’ai intégré Radio France Vaucluse à Avignon en 1991 puis l’année suivante, j’étais à Nîmes en septembre 1992, où je suis depuis 23 ans !". Avec dix Tours de France de cyclisme, la Coupe du Monde de Football de 1998, les Jeux Olympiques d’Albertville en 1992 ou encore la Coupe du Monde de Rugby en 1999, Hervé Sallafranque réalise peu à peu ses rêves de gosse.
"Si je suis devenu journaliste, c’est pour pouvoir crier BUT en direct un jour. C’est l’essence même de mon envie. Petit, je commentais des matchs virtuels dans ma chambre en m’enregistrant sur un magnéto. Ma mère me prenait pour un malade ! A l’époque, je commentais les matchs de Saint-Etienne ou de l’équipe de France, mais j’avais peu de références car il y avait moins de matchs à la télévision… J’écoutais les multiplexes sur France Inter avec des copains et Max Provence commentait les rencontres du Nîmes Olympique. Je me souviens qu’il se passait toujours une embrouille ou quelque chose de particulier. C’était une équipe connue, le club était spécial mais bouillonnant, il représentait quelque chose dans mon esprit et pourtant, je ne savais pas que j’allais atterrir ici !".
Notre voix du football est aussi celle des toros. Le Palois qui devient Nîmois est une histoire d’amour qui se tisse au fil des années et des émotions. "Je pense avoir vu ma première corrida à Pampelune et je me rappelle du bordel invraisemblable qu’il y avait, les gens se jetaient des sandwiches et de la sangria pendant la corrida… J’ai intégré l’équipe des arènes trois ou quatre ans après mon arrivée à Nîmes. Je n’analysais rien du tout, j’étais le Nelson Montfort du callejon, je ne me permettais absolument pas d’avoir le moindre avis sur la corrida ! Paul Coulomb dit que si tu n’as pas vu 1000 corridas, tu n'en as vu aucune ! Je ne sais pas si j'en ai vu 1000 mais je pense ressentir la fibre et la perception de la tauromachie même si je ne connais pas tout, pour moi, c’est de l’émotion à l’état brut".
Passion et émotion, les clés de sa réussite
La passion, l'émotion, voilà De quoi résumer Nîmes et le Gard. Quand on débarque pour des raisons professionnelles dans un endroit tel que notre région, on doit forcément ressentir des choses inexplicables car l’air du temps est difficilement saisissable. "la ville m’ensorcelle ! A Avignon, à 40km d’ici, je n’ai jamais ressenti ça… Je suis incapable de l’expliquer. Le côté hispanisant et la tauromachie doivent y contribuer. Le foot, le hand, la vie en général, tout est passionné et passionnant. Et puis il y a les gens ! On dit de tout sur les Nîmois mais, j’ai eu la chance d’être accueilli à bras ouverts. J’ai une double nationalité, je suis Palois de naissance mais aussi naturalisé ou assimilé Nîmois. J’ai un copain qui m’a dit un jour que je méritais d’avoir sur ma carte vitale le code de la ville à savoir 189… Je suis resté 23 ans ici, ce n’est pas par hasard mais il n’y a rien de rationnel car la ville n’est pas exceptionnellement jolie, la mer et la montagne ne sont pas à côté... Il y a un microclimat qui fait que quand on est à plus de 50km d’ici et trop longtemps, on ne se sent pas très bien, c’est incroyable !".
Les souvenir les plus marquants pour cet homme de radio, discret, timide mais expansif quand on lui remémore le temps passé, sont ancrés à jamais dans sa tête bien remplie. Pour le football, c’est l’épopée de 1996 du Nîmes Olympique ou encore la montée de 2008 devant 18000 spectateurs… Pour les toros, c’est le solo de Jose Tomas en 2012 et l’indulto de Descarado par Enrique Ponce en 2001.
Afin de boucler la boucle et faire de cette saga un ruban de Moebius, voici quelques uns des lieux préférés d’Hervé Sallafranque. "Il y a tout d’abord, et même si elles ne sont pas dans le Gard, les Saintes-Maries de la Mer ! Je suis un fou des Saintes ! A Nîmes, j’aime beaucoup les Jardins de la Fontaine que je trouve très apaisants et les arènes bien sûr, que je vois tous les matins depuis 13 ans parce que je travaille en face ! Mais j’adore aussi les Cévennes, leur arrière-pays, et l’Uzège".
Comme un au revoir qui ne sonne pas de la même manière qu'un adieu, la voix devenue mythique de France Bleu se met à nue et dévoile pudiquement ses plus profonds sentiments. "Je ne veux pas que ça soit une nécrologie, mais si je suis amené à partir, il y a évidemment un bout de mois qui restera ici ! Si j’avais une chose à dire en sachant que cela serait bien compris, ça serait simplement de dire sincèrement merci de m’avoir accueilli et fait vivre ça. C’est la moitié de ma vie qui est ici donc merci de m’avoir permis de vivre cette moitié de vie si heureuse !".
Anthony Maurin
anthony.maurin@objectifgard.com
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