FAIT DU JOUR Décharge sauvage : déjà 42,6 tonnes de déchets extraites de l'aven de Pouzilhac

42,6 tonnes ! C'est la quantité astronomique de déchets qui a été extraite de l'aven de Pouzilhac depuis le 10 octobre, date de lancement du chantier de dépollution. Car le site est devenu au fil des années une véritable dépotoir. À la mairie, on s'inquiète des conséquences sanitaires que cela peut entraîner.
Aucune solution technique et financière n'avait été trouvée jusque-là pour réhabiliter le site. Au point que la commune envisageait comme dernier recours de combler la faille, condamnant la faune qui y a tout de même élu domicile. Mais grâce au plan de Relance, le chantier a enfin pu se débloquer avec à un financement conséquent de l'État. "Il nous accompagne à 80% sur l'opération qui coûte 78 280€ ce qui correspond 100 m3. Mais on a largement dépassé déjà puisqu'on a dépassé les 140 m3 de déchets retirés", indique le maire de Pouzilhac, Thierry Astier. Et ce n'est pas fini : "On a découvert une nouvelle galerie qui était ensevelie sous les déchets. Mais on ne connaît pas encore sa profondeur", ajoute-t-il.
Comment en est-on arrivé à cette situation ? Cette large faille a été autrefois exploitée comme mine de phosphate. Dans les années 90, l'endroit aurait été utilisé pour jeter les carcasses d'animaux malades. Encore hier, les cordistes ont trouvé des ossements et notamment un crâne de cheval. "Alors que les années 2000 ont été marquées par la fermeture des décharges, on a vu les apports augmenter en volumes et en diversité : produits de fond de grange, déchets de venaison... Et tout ce qui doit normalement aller en déchetterie", relate le maire. D'autant que la déchetterie la plus proche à Connaux, est bien plus simple d'accès que ce gouffre situé au bord d'un chemin isolé et impraticable par beaucoup de véhicules.
"Le plus original qu'on ait trouvé, c'est une voiture découpée en quatre"
Il y a quelques années, la mairie a reçu des analyses d'eau qui n'étaient pas bonnes. S'est alors posée la question d'une contamination due à la pollution de l'aven. L'hypothèse sera écartée par l'hydrogéologue mais la municipalité n'est toujours pas rassurée. En 2018, la commune se rapproche du Syndicat mixte des gorges du Gardon (SMGG) pour l'accompagner dans un projet de curage. Dans ce cadre, des spéléologues de Nîmes ont pu capturer les premières images laissant entrevoir l'état du fond du sous-sol. Il faudra attendre ce 10 octobre 2022 pour démarrer le chantier de dépollution, piloté par le SMGG.
Un chantier difficile vu la topographie du site. Les cordistes de l'entreprise remoulinoise Alpibat Services, qui a été retenue par l'appel d'offres, ont davantage l'habitude des chantiers en hauteur, sur des bâtiments. Ici, ils ont dû dérouler un câble de 18 mètres de long descendant dans l'aven : "On est presque au bout désormais", indique l'un des quatre salariés qui travaillent sur ce chantier. En effet, au fur et à mesure que les déchets sont retirés, les cordistes s'enfoncent dans la profondeur de la faille.
Tous sont équipés de combinaison, de casque, de masque, de gants car certaines poussières peuvent être incommodantes et certaines odeurs pestilentielles. Et ils ne sont pas à l'abri de tomber sur des déchets dangereux ou sur des viscères de gibier contenues dans des sacs les maintenant en état de putréfaction. "Le plus original qu'on ait trouvé, c'est une voiture découpée en quatre et une mobylette", tonne un cordiste. L'équipe a dénombré aussi près de 200 carcasses de sangliers, beaucoup de bouts de ferraille, des emballages alimentaires, du vieux mobilier, des pneus...
Une richesse faunistique déjà très intéressante malgré la pollution
Tous ces déchets, ensevelis depuis des années, sont remontés à la surface dans des sacs de 300 litres, grâce à un système de poulie. Ils sont ensuite acheminés jusqu'à la plateforme de tri de la société versoise, SMV (Sud maintenance valorisation) : "On va trier par catégories, principalement à la minipelle. Les déchets vont ensuite aller dans nos filières de traitement, soit recyclage, soit enfouissement", explique Jérôme Carcenac, président-gérant de SMV.
Retirer ce dépôt sauvage, c'est aussi offrir un milieu plus favorable aux animaux. Malgré les détritus, un biotope a déjà réussi à se développer : "Après des relevés faunistiques, on a découvert qu'au fond de l'aven, il y avait des grands et petits rhinolophes, des tritons palmés, des grenouilles vertes ou encore des salamandres tachetées", liste Jean-Marie Chanabé, directeur du Syndicat mixte des gorges du Gardon.
Pour l'heure, les hommes du chantier ont évolué dans la première partie de l'aven et ont retiré les déchets sur un espace de 12-15 m2. Ils vont bientôt attaquer la dépollution du deuxième puits dont on ignore la profondeur et la quantité de déchets qui a pu s'y accumuler. Quand tout sera terminé, des clôtures seront disposées tout autour de l'abîme pour que ce lieu ne redevienne plus jamais une décharge.
Marie Meunier
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