GARD Un père de famille condamné pour des violences habituelles sur son bébé de 1 mois

Un père de famille a été sanctionné mardi après-midi par le tribunal correctionnel de Nîmes à 3 ans de prison dont deux ans avec un sursis probatoire. La juridiction n'a pas prononcé le retrait de l'autorité parentale.
Lorsqu'un pédiatre des urgences de l'hôpital Lapeyronie de Montpellier a procédé le 29 spetembre 2018 à l'examen de cette fillette à peine âgée de 1 mois et un jour, il a immédiatement fait un signalement à l'autorité judiciaire. Il suspectait des violences habituelles, des maltraitances... L'enfant avait une déformation du fémur et plusieurs fractures, trois précisément notamment aux côtes. Une ITT a été constatée... de 45 jours pour cette petite victime.
Des doutes médicaux confirmés ensuite par le chef de l'unité médico-légale de Nîmes le docteur Mounir Benslima. Ce dernier évoque dans son rapport : "des maltraitances réitérées", et une version du père "incohérente".
C'est le père de famille qui va être immédiatement suspecté, un homme qui travaillait beaucoup à l'époque et "qui cumulait des doubles journées", selon son conseil maître Marion Touzellier. Il était dans "une immense fatigue qui a abouti à des actes irresponsables", selon l'avocate nîmoise.
"Les actes du père ont occasionné les blessures de l'enfant. Il dit à un moment dans la procédure : "j'ai eu des gestes un peu brusque", s'offusque le procureur Stéphane Bertrand. "La culpabilité ne fait aucun doute", selon le représentant du parquet qui demande 2 ans de prison en partie avec sursis, une mise à l'épreuve et une obligation de soins.
À l'audience, le père, âgé d'une trentaine d'années, répète : "Je ne vois pas pourquoi j'aurais fait du mal à ma fille, elle a toujours été très calme dès la naissance". Il poursuit : "Je n'arrive pas à trouver des explications, il n'est pas possible de s'énerver sur elle". Avant de déclarer : "Je l'ai sûrement secouée un peu en la berçant", poursuit le papa. "Non monsieur, on ne parle pas d'un enfant bercé, mais d'un enfant secoué", le reprend le président Reynes.
Durant l'enquête, l'homme avait pourtant reconnu avoir secoué sa fillette d'à peine quelques jours, en ajoutant : "Ce n'était pas volontaire". Il s'explique : "Je ne suis pas connu pour être très délicat, mais je ne peux pas faire volontairement du mal à ma fille".
Après son hospitalisation, "elle a été placée en urgence, le quotidien de cette fillette aujourd'hui âgée de 4 ans est compliqué. Elle a une assistance de vie scolaire dès la maternelle, elle n'exprime pas ses émotions. À 3 ans elle mangeait encore ses excréments. Elle n'a pas la chance de vivre avec ses parents, et elle est hébergée dans des familles d'accueil", plaide avec émotion le conseil de la fillette, maître Cécile Bargeton Dyens. "Quel sera son avenir, et les conséquences des actes sur sa santé ? Car c'est certain, elle aura des séquelles".
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