Publié il y a 18 h - Mise à jour le 04.04.2025 - Corentin Corger - 3 min  - vu 1170 fois

FAIT DU JOUR Quand le tennis brillait dans les arènes de Nîmes

jimmy connors trophée philips

Jimmy Connors aux côtés de l'ancien maire Jean Bousquet remportait la dernière édition du Trophée Philips

- Photo DR ville de Nîmes

Entre le Trophée Philips et la Coupe Davis, la balle jaune a offert de grands moments dans l’amphithéâtre nîmois.

Corrida, concert, escrime, moto, handball, tennis… et on en oublie sans doute, les arènes de Nîmes ont accueilli des événements en tout genre dans ces temps modernes. Avec la première édition du Bastide Médical UTS Nîmes, le tennis fait donc son grand retour 26 ans après sa dernière apparition. L’histoire de balle jaune avec l’amphithéâtre romain débute en mai 1986. Quelques semaines avant le Grand Chelem de Roland-Garros, Pascal Portes et Dominique Bedel, deux anciens joueurs reconvertis tôt dans l’événementiel, décident de lancer un tournoi de préparation à Nîmes.

Un tournoi en terre battue nommée le Trophée Philips, nom du géant technologique néerlandais qui finance l’événement. Dès la première année, ils parviennent à faire venir des têtes d’affiche. À ciel ouvert, devant 12 000 spectateurs comme l’affluence attendue ce samedi, le Suédois Mats Wilander s’impose face à Boris Becker. Les stars du tennis de l’époque se succèdent les années suivantes. À l’image d’Henri Leconte, vainqueur de l’édition 1987, après avoir battu le champion en titre en demi et un forfait en finale de l’entêté John McEnroe qui refusait de jouer sous la pluie.

leconte arènes de Nîmes
Henri Leconte dans les arènes suivi de Boris Becker lors du Trophée Philips • Photo DR

"Le public m'avait chauffé grave. Il y avait énormément de monde. Les gens aimaient ce spectacle. On se prenait pour des toreros, c'était très cool et festif !", se souvient Henri Leconte, lors du match disputé face à Boris Becker. Plus que l'ambiance, c'est évidemment le cadre qui a marqué le tennisman comme ses successeurs qui joueront à partir d’aujourd’hui, "c'était un environnement exceptionnel pour jouer au tennis. Un endroit majestueux et magique."

Santoro tel un torero 

En 1988, Yannick Noah fait une apparition remarquée, notamment lors d’une demi-finale spectaculaire et mémorable face à son compatriote Guy Forget (2-6, 7-5, 7-5). Mais en finale, la pluie s’invite à nouveau et le dernier vainqueur français de Roland-Garros, malgré le soutien de 10 000 personnes, finit par s’incliner contre l’Australien Pat Cash. Le Trophée Philips reviendra pour une quatrième édition en 1989 avant de disparaître définitivement. C’est l’Américain Jimmy Connors qui inscrira le dernier son nom au palmarès.

Mais le public nîmois ne reste pas frustré longtemps, car du 3 au 5 mai 1991, la piste accueille le quart de finale de Coupe Davis opposant la France à l’Australie. Chez les Bleus, on retrouve les expérimentés Guy Forget et Henri Leconte ainsi qu’un tout jeune joueur de 18 ans, Fabrice Santoro. Ce dernier perd le deuxième match contre Richard Fromberg. « Il y avait beaucoup de vent. C’était une tempête d’une extrême violence. Les sacs et les chaises, tout s’envolait. »

Le hasard et le charme de cette compétition font que c’est Fabrice Santoro qui doit disputer le match décisif et qualifier les Tricolores en demi. Malgré la pression, il domine largement son adversaire Wally Masur. « Cette balle de match est gravée à jamais dans les arènes, tout le monde est debout. Le gamin qualifiait le pays. Ce jour-là, beaucoup de gens ont entendu parler de moi pour la première fois. Pour le tennis, je suis né à Nîmes », confie-t-il 24 ans plus tard avec le souvenir d’être porté en triomphe par Yannick Noah tel un torero. Cette année-là, la France remportait la Coupe Davis face aux USA et mettait fin à 59 ans de disette.

Dès l’année suivante, les Bleus reviennent dans l’arène, mais, en ce mois de mars sous la bulle, Thierry Champion et Arnaud Boetsch déjouent et c’est la Suisse qui remporte ce quart de finale. La dernière fois que l’on a vu du tennis dans l’amphithéâtre romain le plus célèbre de France c’est du 2 au 4 avril 1999. Là aussi, sous la fameuse bulle, la bande à Cédric Pioline élimine 4-1 les Pays-Bas. Ce dernier a droit à la douche de champagne en rentrant dans les vestiaires tout comme Guy Forget, pour sa première en tant que capitaine de l’équipe de France.

L’histoire continue aujourd’hui et demain avec un tournoi inédit, le Bastide Médical UTS Nîmes à l’initiative de l’entrepreneur nîmois Vincent Bastide qui a souhaité faire revivre ces belles émotions d’antan. Place au jeu !

Retrouvez l’interview complète de Fabrice Santoro à 8 heures sur le site Objectif Gard.

Sur le même sujet : TENNIS Concept, règlement, programme... Tout savoir sur le Bastide Médical UTS Nîmes

Corentin Corger

Actualités

Voir Plus

A la une

Voir Plus

En direct

Voir Plus

Studio