FAIT DU SOIR Chantal Goya : "J'ai souvent été attaquée, mais ma robe est en toile cirée, tout glisse"

40 ans après, Chantal Goya reprend le rôle de Marie-Rose dans l'un de ses spectacles phares : "Le soulier qui vole". À l'aube de ses 80 ans, la chanteuse sera sur la scène du Zenith Sud de Montpellier le samedi 8 janvier 2022. Interview.
ObjectifGard : 40 ans de scène, qu'est-ce que cela vous évoque ?
Chantal Goya : Pour tout vous dire, les chiffres ne m'intéressent pas. Je ne base pas ma vie sur des chiffres, sinon je ne ferais plus rien. Mais 40 ans de scène, c'est fabuleux. Peu d'artistes, encore vivants, l'ont fait.
On ne se lasse pas, jamais ?
Ah non, jamais. Ce n'est pas du travail, c'est quelque chose que j'aime. Pour moi, c'est plus de la communication et de l'échange qu'un travail. Jean-Jacques (Debout, son mari, Ndlr) me dit souvent : "Tu es inconsciente, tu ne te rends pas compte que ton public ne t'a jamais quitté, il a grandi avec toi". Et maintenant, ce sont les petits qui reviennent, avec la maman et la grand-mère. C'est grâce à tous les parents et les grands-parents que je suis encore là.
"Le soulier qui vole" a été joué pour la première fois dans les années 80. Une période à laquelle on pense souvent avec nostalgie. À tort ou à raison, selon vous ?
Il faut dire qu'aujourd'hui avec Internet, tout va vite, il n'y a plus le temps de rêver. Et cela me désole, on rêve beaucoup moins. Avant, on avait le temps de pouvoir faire les choses. La relation avec la presse a changé aussi, non pas avec vous les journalistes, mais avec les dirigeants. J'avais l'habitude de les rencontrer. Maintenant, ce n'est pas la peine de les voir, on ne les connaît même plus. Cet échange avec les patrons de RTL, de France Soir, du Figaro, de TF1 par exemple, n'existe plus. Avant c'était facile de déjeuner avec eux, de présenter nos projets, l'échange était plus sincère et plus direct. Aujourd'hui, je pense qu'on parle plus de produits que de carrières.
Ce qui rend les choses plus compliquées pour vous ?
Je vais vous dire : s'il fallait que je fasse Marie-Rose aujourd'hui, je ne le ferais pas. Les médias n'ont plus le même engouement. J'ai la chance d'avoir la scène, c'est unique de faire des salles de 10 000, 7 000, 3 000 personnes. Mais j'ai travaillé pour ça, j'ai créé des spectacles avec des décors, avec des costumes. J'ai tout gardé dans des hangars.
En parlant des costumes, vous n'avez pas bougé d'un iota en 40 ans !
(Rires) C'est vrai, je suis très contente. Je ne fais pas de gymnastique, ni de régime, je mange ce que je veux et je rentre encore dans mes robes !
Pourquoi reprendre un spectacle et ne pas en créer un nouveau ?
J'en ai fait un au théâtre de Paris et dans la salle j'entendais : "Où est Pinocchio ? Où est le chat botté ?" Vous savez, Charles Trenet m'a dit un jour : "Tu as de la chance d'avoir un menu et ce menu t'appartiendra toujours." Vous voyez en ce moment, je lance une chanson sur un doudou, il n'y a rien de plus simple, tout le monde a ou a eu un doudou. Et bien, il faut que je m'accroche, ça ne se fait pas comme ça. Parce que moi, je ne suis pas un produit, c'est une carrière, un souvenir... C'est un repère très important dans la vie de tout le monde. D'autant plus aujourd'hui, où tout fout le camp avec cette histoire de covid. D'ailleurs, Nostradamus qui habitait près de chez vous, avait finalement raison. (Rires)
Rien n'a changé alors dans ce spectacle par rapport à celui des années 80 ?
C'est le même. Je suis à l'ancienne comme la moutarde de Dijon. Je ne peux pas être plus à l'ancienne, les décors sont là, les personnages sont là... Si je me mets à le changer, vous ne savez pas ce qui peut se passer ! (Rires) Déjà, on n'a pas mis le géant Balthazar et heureusement, le public ne m'en parle pas trop.
Pourquoi n'est-il pas là ?
Eh oh, ça coûte ! Vous savez, j'ai eu des tournées comme les Rolling Stones, avec 17 containers de chemin de fer. À l'époque, c'était encore possible de faire ce genre de choses. Aujourd'hui, on nous prendrait pour des fous.
Vous retrouvez ce rôle de Marie-Rose...
On a fait La planète merveilleuse, on a fait Le château hanté, là nous faisons Le soulier qui vole et plus tard, on fera Le Mystérieux voyage. Et entretemps, on va faire une tournée avec les plus beaux tableaux de ma carrière.
Vous avez encore énormément d'énergie.
Je ne suis pas prête à faire de la couture ! Pensez-vous que je suis trop vieille ? Vous savez, j'ai souvent été attaquée, mais ma robe est en toile cirée, tout glisse. (Rires) On avait de la chance parce qu'on avait de l'humour, du recul, on ne prenait rien au premier degré. Alors c'est sûr, si on ne veut pas être attaquée, on reste à la maison à faire de la couture au coin du feu.
Sentez-vous sur vous désormais un regard davantage bienveillant ?
Les gens sont adorables. Ce ne sont que des remerciements. C'est plus que de la bienveillance, je fais partie de leur vie, je suis un membre de la famille. Mais parce que les gens ont toujours compris que je n'ai jamais été quelqu'un qui faisait ça pour l'argent. D'autres aimeraient profiter de mon succès. Un producteur m'a dit un jour : "Ce serait bien qu'un jour, quand tu t'arrêteras, une petite fille reprenne tes chansons." Je ne suis pas d'accord, ça ne marchera jamais. Aux États-Unis oui, au Japon oui, mais pas en France. Par contre, un film sur moi, comme ABBA, pourquoi pas.
Quel serait le plus beau compliment qu'on pourrait vous faire ?
Qu'en tant que Française, je fais rêver tous les enfants. Ce qui me ferait plaisir, c'est qu'on dise que ce que j'ai fait jusqu'à présent ne doit pas s'arrêter comme ça, que ça perdure à travers d'autres choses peut-être, un dessin animé pourquoi pas. Il ne faut pas priver les enfants et les familles d'un rêve qu'ils ont aimé. Je pense que mes chansons font partie du patrimoine français et ce qui me ferait plaisir, c'est qu'on les chante encore longtemps, longtemps, longtemps après. Moi, je chanterai là-haut, ils m'entendront. (Rires)
Propos recueillis par Stéphanie Marin
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