L'INTERVIEW Fabien Cruveiller, président du Piémont cévenol : "On est une communauté de communes de services"

Fabien Cruveiller devant le siège de la communauté de communes
- François DesmeuresLe budget primitif de la Communauté de communes du Piémont cévenol, de 18 M€, sera voté ce soir. Territoire carrefour, comme le rappelle régulièrement son président, le Piémont cévenol continue de faire porter son effort sur le développement des services publics et l'accueil d'entreprises, tout en étant soumis à une pression démographique. Le budget confirme ces choix. Entretien avec le président du Piémont, Fabien Cruveiller, qui se verrait bien rempiler après les élections municipales.
Objectif Gard : En 2024, le Piémont cévenol adoptait un budget dont les priorités étaient le soutien et le développement des services publics. Cette priorité est-elle conservée en 2025 ?
Fabien Cruveiller : Oui. On est une communauté de communes de services. L'enfance et jeunesse, d'une part, la gestion durable des déchets, d'autre part, constituent les majeures parties de notre budget, tant en fonctionnment qu'en investissement. En fonctionnement, car cela demande beaucoup de personnel pour rendre le service fiable. Et, en investissement, parce qu'on veut toujours plus répondre aux attentes et besoins de notre population. Au niveau de l'enfance/jeunesse, on a un projet, pour 2025, de développement d'un centre de loisirs à Sauve ; un autre sur Saint-Hippolyte-du-Fort, qui fait partie des grands enjeux de notre projet de territoire ; à Quissac, on réhabilite des locaux mis à disposition par la mairie. À Sauve encore, on passe la micro-crèche de 10 à 12 places ; celle de Vic-le-Fesq passe aussi de 10 à 12 places. Car notre SCOT (schéma de cohérence territoriale) le dit, on doit se doter d'équipements en mesure d'accueillir les nouvelles populations. On développe aussi les capacités d'accueil à Saint-Hippoplyte-du-Fort, parce qu'il y a un besoin criant. Les centres de loisirs sont un enjeu majeur, parce qu'au-delà des questions d'éveil et d'éducation, il y a surtout la nécessité, pour les parents, de trouver un mode de garde d'enfant pour qu'ils puissent, eux-mêmes, aller travailler.
Le gouvernement a demandé un effort budgétaire à toutes les collectivités territoriales. À combien s'élève l'effort demandé au Piémont cévenol et qu'est-ce que ça "empêche de faire" pour la communauté de communes ?
Effectivement, nous ne sommes pas exonérés par les dispositions gouvernementales. On a élaboré un budget prudent et responsable. On a la chance de disposer d'un excédent de fonctionnement cumulé. On repart, en 2025, avec 3,5 millions d'excédent cumulé qui nous permettent d'appréhender ce budget avec une certaine sérénité. Ces excédents nous permettent, en plus de faire face aux demandes gouvernementales, d'investir pour répondre aux nécessités du territoire. Cela ne va pas nous empêcher de réhabiliter, en 2025, la déchèterie de Saint-Bénézet.
"Trier, valoriser, réduire ou gérer durablement les déchets, c'est un enjeu majeur pour les finances de la communauté de communes"
Justement, quelle part budgétaire prend la gestion des déchets ?
C'est une bonne partie de notre budget. Sur 18 millions d'euros, on a un peu plus de 3 millions d'euros consacrés à cette gestion, avec un peu plus de 50 % qui vont directement au traitement des déchets. Aujourd'hui, trier, valoriser, réduire ou gérer durablement les déchets, c'est un enjeu majeur pour les finances de la Communauté de communes du Piémont cévenol.
Où en est le développement des parcs d'activité économique ?
Par rapport à l'avenir du Piémont cévenol, il faut que le développement économique soit ambitieux et efficient. Sur la tranche 2 de la zone de Saint-Hippolyte-du-Fort, on est en train de mener des études. Quissac a aussi une zone d'activités identifiée. Liouc, aussi, où il existe une problématique sur la ressource en eau, mais c'est un sujet qu'on travaille. Ainsi qu'à Aigremont, un espace est identifié dans le SCOT qui pourrait être une réponse à cette volonté d'accueillir des entreprises. En plus, le Piémont cévenol est très bien placé, au carrefour des axes Alès-Nîmes-Montpellier-Le Vigan. C'est intéressant pour les familles et pour les entreprises.
Comme carrefour, le territoire est aussi attractif. Comment accueillir des populations ? Existe-t-il des marges de manoeuvre pour loger de nouveaux habitants ?
Oui. On a beaucoup travaillé ce sujet dans le cadre du SCOT et on a raisonné en bassins de vie. Avec, dans ces bassins, des polarités structurantes - Quissac, Saint-Hippolyte-du-Fort, Sauve et Lédignan - où on a flêché des perspectives d'accueil des populations ambitieuses. Mais, ce SCOT est celui des élus du Piémont cévenol, soit un territoire rural composé de 30 autres communes qui ne sont pas des villes. Et nous avons veillé à ce que chaque commune puisse accueillir des populations et se développer. Le SCOT sera approuvé au mois de mai, normalement. On fait en sorte que ce soit un projet d'élus ruraux qui veulent un territoire dynamique, en développement, malgré les contraintes fortes imposées par l'État, comme la Zéro artificialisation nette, dont on a dû s'accomoder... mais inteligemment.
"Rien de délirant à solliciter un président de communauté de communes pour qu'il se mobilise afin de garder un abattoir de proximité"
Le risque, pour le territoire du Piémont, notamment dans sa partie sud, n'est-il pas de devenir une forme de cité-dortoir des travailleurs de Montpellier ou Nîmes ?
Effectivement, cela pourrait être un piège et on pourrait avoir les défauts de nos qualités. Le Piémont attire beaucoup de travailleurs qui vont à Nîmes, Alès et Montpellier. Mais on s'aperçoit qu'ils apportent une vitalité éco nomique et que les modes de vie et de consommation ont évolué, notamment depuis le Covid, avec une prise de conscience du local. Nous, en tant que collectivité, on impulse, on motive, on rappelle - par exemple à travers le Projet alimentaire territorial ou Petites villes de demain - et on s'aperçoit que de bons réflexes sont pris, tant chez les habitants que chez les élus.
L'abattoir du Vigan cherche un nouveau propriétaire pour ses murs (article à retrouver ici). L'une des pistes serait de faire participer les communautés de communes dont des éleveurs se trouvent sur le territoire et utilisent l'outil. Est-ce que le Piémont cévenol pourrait participer financièrement à une société d'économie mixte ?
La question de l'abattoir du Vigan renvoie à celle de l'abattoir d'Alès, pour lequel nous avons été mobilisés et où nous nous sommes inscrits en tant que partenaire. J'attends le coup de fil de Madame la sous-préfète pour voir quels sont les attendus et, surtout - selon une méthodologie bien rôdée en Piémont cévenol - j'en parlerai avec les élus du territoire pour qu'on prenne les décisions les plus appropriées et qu'on soutienne notre économie locale, en conscience. Je n'ai toutefois pas encore été sollicité officiellement. Mais il n'y a rien de délirant à solliciter un président de communauté de communes pour qu'il se mobilise afin de garder un abattoir de proximité.
On est à moins d'un an des élections municipales. Sentez-vous monter une crise des vocations chez les maires ? Et un renversement politique du territoire au regard des résultats des dernières législatives ?
Je travaille quotidiennement avec les 33 maires de ce territoire. Je les vois à la tâche, pleinement mobilisés, intéressés et il ne me semble pas que les enjeux politiciens s'invitent de façon très prégnante dans la perspective des élections municipales en Piémont cévenol. Donc, ici, je ne ressens pas la crise des vocations. Sur l'impact politique, non plus. En plus, en tant que président de communauté de communes, on cultive cette forme de dépassement des clivages pour trouver des compromis qui font avancer le territoire en bonne intelligence.
De votre côté, pensez-vous être candidat ?
Oui, je serai candidat aux élections municipales de la commune de Cardet.
Et à la présidence de la communauté de communes ?
C'est un sujet qu'il faudra aborder en temps voulu...
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