ROUSSON 17 impacts de Kalachnikov sur une maison avec une arme pour le cinéma

Le tribunal correctionnel d’Alès a condamné deux hommes âgés de 22 ans, à 7 ans et 15 mois de prison. Ils étaient poursuivis pour « dégradation du bien d’autrui par un moyen dangereux ». Un des deux semble avoir un rôle plus secondaire, il a été condamné pour complicité. Derrière ce dossier sur fond d’une énigmatique dette de 900 euros que la victime devait à l’un des complices, se cache également un trafic d’armes avec les pays d’Europe de l’Est.
Le 3 novembre 2014, 17 impacts de tirs sont retrouvés sur la façade d’une maison située à Rousson, village proche d’Alès. Des projectiles qui ont percé un volet, mais aussi la cloison de la chambre de la victime absente pendant le mitraillage. « La maison a été arrosée et traversée de tirs de Kalachnikov. Heureusement qu’il n’y avait personne à ce moment-là, sinon il y aurait des morts », affirme Me Carmelo Vialette, avocat du plaignant. Des voisins affirment que les faits se sont déroulés en fin d’après-midi, ils décrivent une voiture qui appartient à la personne poursuivie pour « complicité ».
Le locataire des lieux interrogé par les gendarmes avance une piste… La veille du mitraillage, il a eu une altercation avec un jeune homme dans une grande surface. Les investigations vont retrouver l’homme en question. Interpellé le tireur présumé, réfute les accusations bien qu’il mette en avant cet argent, 900 euros, qu’il devait percevoir de la victime à cause d’une dette.
Mais l’enquête va prendre un nouveau tournant, car il va apparaître que le « tireur », qui a fait une courte carrière dans l’armée avant de déserter, échangeait régulièrement avec un Marseillais au sujet d’armes venues de Slovaquie. L’auteur des coups de feu à la Kalachnikov aurait vendu selon les gendarmes une vingtaine d’armes en huit mois.
Deux fusils d’assaut, un pistolet-mitrailleur, un pistolet semi-automatique pour le cinéma.
L’enquête va prouver que le « tireur » de Rousson, achetait des armes démilitarisées pour le cinéma à une société des pays de l’Est… Des armes qui selon les experts étaient « reconfigurables : il suffisait de retirer le bouchon obstruant la goupille positionnée à l’extrémité du canon pour remettre l’arme en état de marche ». « La France n’est intervenue énergiquement qu’après les attentats de Paris sur les armes démilitarisées qui rentraient sur notre sol, souligne Me François Gilles, avocat du trafiquant d’armes gardois. Les armes arrivaient chez vous par la Poste comme la si elles étaient vendues par la Redoute », poursuit le conseil du trafiquant d’armes alésien.
La société slovaque qui a vendu des armes et munitions au gardois condamné par le tribunal correctionnel d’Alès, apparaît dans l’enquête sur les meurtres perpétrés par Amédy Coulibaly à la supérette casher de la porte de Vincennes à Paris le 9 janvier 2015.
Boris De la Cruz
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