FAIT DU SOIR Charles Puech, le précieux témoin des bombardements de Nîmes

Charles Puech, devant le bâtiment où habitait sa famille en 1944 et où il vit aujourd’hui
- Photo : Norman JardinLe 27 mai 1944, les alliés bombardent le sud de la France et Nîmes n’y échappent pas. Huit décennies plus tard, Charles Puech, qui était enfant à cette époque, témoigne sur ce jour funeste qui a fait près de 271 morts à Nîmes.
« On a entendu une énorme explosion, les vitres ont volé en éclats et nous nous sommes retrouvés dans l’obscurité ». Charles Puech a aujourd’hui 92 ans (93 ans au mois de juin) et il n’a rien oublié de ce jour tragique. Le 27 mai 1944, 125 bombardiers américains lâchent 450 bombes sur Nîmes. Le bilan est terrible, puisque l’on dénombre 271 morts, 289 blessés et 5 000 sinistrés. Il est 10h10, ce samedi matin quand l'opération débute. « Les sirènes avaient retenti, mais nous n’avions pas bougé car les jours précédents il y avait eu de nombreuses alertes sans aucune suite ».
« J’ai vu le cadavre de Mademoiselle Cruzot qui était mon institutrice à Saint-Stanislas »
Mais très vite, dans l’appartement de la rue Notre-Dame, la famille Puech comprend la gravité de l’instant et elle va se réfugier dans la cave, un réflexe commun à tous les européens de cette époque. Le bombardement ne dure qu’une vingtaine de minutes, mais il est dévastateur. Quand Charles sort de sa cave, il découvre une ville ravagée. C’est la guerre avec son cortège d’horreurs : « Nîmes était en ruines. J’ai vu le cadavre de Mademoiselle Cruzot qui était mon institutrice à Saint-Stanislas ». À quelques mètres du logement des Puech se trouve une caserne des Pompiers qui n’a pas été épargnée.
« Voilà nos libérateurs qui tuent plus de Français que les Allemands ! »
Le sapeur Marius Bouquet est mortellement touché et 17 de ses camarades sont blessés. Aujourd’hui, rue Preston (qui n’existait pas à l’époque) une plaque rappelle ce moment. Ce jour-là, les alliés n’ont pas le beau rôle : « Sur les ruines, il y avait une femme avec le chignon défait, elle criait « Les voilà nos libérateurs qui tuent plus de Français que les Allemands ! » se souvient Charles. Dans les jours qui suivent la presse locale collaborationniste condamne le bombardement des Américains : « Les agressions systématiques et inhumaines des Anglo-Américains ont provoqué dans tout le pays un mouvement d’indignation et de colère » écrit l’Éclair.
Le lycée Daudet se transforme en morgue
Quant au Petit Méridional, il dénonce « Nos prétendus « Libérateurs », en quatre vagues successives, ont semé sur le passage la mort et la dévastation ». L’objectif des alliés est de détruire les installations ferroviaires nîmoises, mais à cette époque on bombarde à l’aveugle sans prendre le soin d’épargner les populations. Pour les Nîmois, les bombes viennent s’ajouter aux autres malheurs du conflit que sont les pénuries et les privations. Pour l’occasion, le lycée Daudet se transforme en morgue où sont amenées les victimes.
« Nous n’avions qu’une idée, se mettre à l’abri »
« Une bombe est tombée Place de l’Ecluse et elle avait traversé la voute du conduit qui transportait les eaux de la Fontaine. Mais cette bombe n’avait pas explosé et on nous a demandé d’évacuer les lieux. Nous avons alors ramassé quelques objets et nous sommes partis coucher chez des parents en garrigue. Nous n’avions qu’une idée, se mettre à l’abri et on est allé s’installer à Saint-Laurent d’Aigouze, ma ville natale, jusqu’à la libération ».
« Je suis ému »
Huit décennies plus tard, la ville de Nîmes a commémoré ce jour funeste. Dans la cour d’honneur de l’hôtel de ville, une cérémonie a eu lieu en présence de Jean-Paul Fournier, le maire de Nîmes. La Sonnerie aux morts et la Marseillaise ont retenti avec beaucoup de solennité. Parmi les anonymes se trouvait Charles, accompagné de son éprouve Geneviève. L’ancien petit garçon, âgé de 12 ans le jour du bombardement, a regardé cette cérémonie avec émotion : « Ça me rappelle cette journée et tous les gens que je connaissais à l’époque et qui ne sont plus là. Je suis ému ». C’était il y a 80 ans et aujourd’hui, Charles Puech, qui habite dans l'appartement que sa famille occupait en 1944, est un précieux témoin d’une histoire qu’il veut transmettre aux jeunes générations.
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