Publié il y a 16 h - Mise à jour le 04.04.2025 - Coralie Mollaret - 3 min  - vu 591 fois

LES RÉPUBLICAINS À Nîmes, l’opération séduction de Laurent Wauquiez

Laurent Wauquiez, candidat à la présidence du parti Les Républicains

Laurent Wauquiez, candidat à la présidence du parti Les Républicains 

- Coralie Mollaret

Attaquant frontalement le gouvernement, le candidat à la présidence du parti Les Républicains a cherché à se démarquer de son rival, Bruno Retailleau. Il a également manié le verbe avec humour, flattant les élus et militants du territoire.

Laurent Wauquiez, c’est un peu « l’effet kiss cool ». Au début, c’est très agréable. Du moins, pour les personnes qu’il flatte. En meeting, ce jeudi soir, au petit Parnasse, le candidat à la présidence des LR a pris soin de saluer ses hôtes. D’abord, « le patron », Jean-Paul Fournier. Peu avare en anecdotes et compliments, le bientôt quinquagénaire raconte sa course « d’une heure et quart », cet après-midi dans les rues de Nîmes : « J’ai vu les Jardins de la Fontaine, l’avenue Jean-Jaurès, la Maison Carrée, le musée de la Romanité… Jean-Paul, tu fais partie des grandes figures. Tu as transformé cette ville ! Bravo ! » Il n’en fallait pas plus pour tirer une larme au maire qui, néanmoins, a apporté son soutien à Bruno Retailleau.

Franck Proust salue « le courage d’agir »

Sa course à pied, il la doit d’ailleurs à Valentine Wolber, adjointe au maire de Nîmes et sa référente dans le Gard, qu’il fait applaudir par les militants venus le saluer. Laurent Wauquiez soigne ses ouailles, il cite même les jeunes LR qui ont couru avec lui, même si, « au départ, nous étions huit : Clément, Jimmy, Hector… Finalement, un seul est resté jusqu'au bout ! » Rires du public. Laurent Wauquiez a aussi des mots tendres à l'attention de Vivette Lopez, « ma gâtée », et de Franck Proust, président de Nîmes Métropole : « J’aime les gens comme toi, faits d’un seul bois. J’ai besoin de toi et j’aurai besoin de toi. Tu es mon ami. »

Si Franck Proust se doit d’avoir une certaine « neutralité » en tant que secrétaire départemental des LR, il lâche quand même : « Ce sont des liens très forts qui nous unissent. Laurent, c’est la capacité et le courage d'agir. Au lendemain des Européennes, tu n’as pas hésité à quitter la présidence. Lors de la dissolution, tu n’as pas hésité à quitter la présidence de la Région Auvergne-Rhône-Alpes pour te présenter aux législatives ! » L’opération séduction de Laurent Wauquiez se termine lorsque le candidat livre sa vision de la politique française. À l’écouter, on se demanderait presque si Les Républicains participent encore au gouvernement. 

Vives critiques contre le gouvernement

Comme l’a souligné le président de la fédération LR, Richard Tibérino, Laurent Wauquiez veut incarner « la liberté de parole, l’indépendance vis-à-vis du gouvernement » par opposition au ministre de l’Intérieur. Derrière son pupitre, le candidat balance : « François Bayrou (Premier ministre), ce n’est pas facile tous les jours, mais alors vraiment pas ! » Sur la situation budgétaire de la France : « Nous sommes moins crédibles que l’Espagne et la Grèce en termes de dépenses publiques ! » La nomination de Richard Ferrand à la présidence du Conseil constitutionnel : « Quelle indignité ! Il n’a aucune formation juridique et siège, comme par hasard, à côté de la juge qui a classé son affaire des mutuelles de Bretagne ! » La passe d’armes de la France avec l’Algérie : « Ils ont fait semblant de durcir le ton et, cette semaine, ils ont décidé de capituler ! »

Autre argument pour Laurent Wauquiez : son expérience d’élu local à la présidence de la Région Auvergne-Rhône-Alpes : « Quand le maire de Grenoble a décidé d’autoriser le port du burkini dans les piscines municipales, j’ai supprimé toutes les aides de la région ! » Sur la suppression de 3 M€ de subventions à la CGT, il raconte : « Je suis pour le syndicalisme libre et indépendant, du coup, je ne veux pas que vous dépendiez de moi, je vous libère, soyez heureux et à bientôt ! » Enfin, Laurent Wauquiez revient sur son élection comme député : « Personne, dans les ténors de notre famille politique, n’a voulu aller aux Législatives. Je les vois s’agiter dans tous les sens. Comme j’aurais aimé à l’époque qu’ils aillent au combat… » 

Un vrai enjeu pour les LR

Ce soir, si le meeting a eu lieu au Petit Parnasse, c’est certes parce que le parti n’a plus autant de succès que sous l'ère Sarkozy. Il n’en reste pas moins que la formation résiste. La compétition pour la présidence lui redonne aussi quelques couleurs. Aujourd’hui, bien malin celui qui peut prédire qui de Laurent Wauquiez ou Bruno Retailleau gagnera le scrutin des 17 et 25 mai. 

Coralie Mollaret

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