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Mise à jour le 05.04.2025 - Yannick Pons - 3 min - vu 456 fois
FAIT DU JOUR Colomina à Nîmes : une affaire de famille
Jorge dans son atelier en compagnie de Joëlle, sa muse, son épouse et son meilleur atout.
- Yannick Pons
Jorge Colomina voulait faire des études de neurologie, mais il rencontre Joëlle à Paris et leur destin se noue. « J’ai mal tourné », s’amuse l’artiste. Ils venaient d’avoir 17 ans, il a peint un tableau pour elle, c’est ainsi que tout a commencé. Ils rassemblent tout ce qu’ils ont, 10 000 francs, et participent au GMAC (Grand Marché D'Art Contemporain), place de la Bastille à Paris. Joëlle devient vite sa muse, son épouse et son meilleur atout !
Union sacrée
Il y a tout juste dix ans, Joëlle et Jorge Colomina quittaient Paris et s’installaient à Nîmes, sur le quai de la Fontaine nîmois, un véritable coup de cœur. À proximité de leur domicile, le couple installe une galerie afin d’accueillir les œuvres de Jorge. Peinture à l’huile, acrylique, collages mais également des œuvres en verre soufflé et acier comme ce torero qui trône au milieu de la pièce. Mais toujours ces couleurs franches, sans mélange. Colomina fleurte avec Picasso, Juan Miro et même Soulages.
Leur fille Jessica les a rejoints, en tant que directrice communication, événementiel et partenaires. Même David, leur fils, qui vit à Londres, apporte sa pierre à l’édifice en animant numériquement les œuvres de papa Colomina.
Artiste contemporain accompli et coté, Jorge Colomina pose dans la galerie nîmoise.
• Yannick Pons
Picasso la déstructurait, il la sublime
Extrêmement créatif, le peintre nîmois est un grand sensible, authentique, il travaille avec ses tripes. « C’est une peinture vivante et gourmande », martèle Joelle, qui sait mettre en valeur cet artiste qu’elle connait bien entendu mieux que personne. Jorge est un épicurien, il aime les belles choses, c’est un fanatique de l’esthétique.
Véritable ascète perfectionniste, il se nourrit de tout ce qu’il voit et le mature dans sa tête. Lorsqu’il s’installe dans son atelier, devant un rectangle blanc, il sait exactement où il va. Pour lui, la femme est un sujet extrêmement important. Il sait la rendre sensuelle, généreuse. Picasso la déstructurait, il la sublime. La femme est son inspiration. Comme cette gitane en robe fluo, ou ces femmes nues aux formes rondes qui trônent en bonne place dans son atelier.
Dans les années 80 le couple s'installe à Antibes et expose sur la côte d’Azur, puis retour à Paris, où une galerie prestigieuse leur ouvre ses portes place des Vosges. Aujourd’hui, les tableaux de Colomina sont exposés à Miami, au Luxembourg, en Espagne, à Nîmes ! À Nîmes, justement, où la galerie by C. accueille les œuvres de l’artiste depuis trois ans. Mais pas seulement.
By C.
Un véritable lieu confidentiel de rencontre, superbe, à deux pas de la source des jardins de la Fontaine, cœur historique de la création de la ville de Nîmes, à l’endroit même où les Volques se sont installés, 200 ans avant l’arrivée des romains.
Deux artistes accompagnent les œuvres de Colomina : Sylvie Montagnon, artiste, artisan et créateur en verrerie d’art et les bronzes du sculpteur décédé André Hogommat, scellent l’harmonie du lieu.
Le couple accueille gracieusement des entreprises lors de réunions ou rencontres, dans cette salle de réunion fonctionnelle nichée dans un endroit privilégié au sein de la galerie. « Nous recherchons l’excellence. Nous véhiculons l’image des entrepreneurs, en insufflant un véritable échange culturel, un mélange entre professionnels et artistes », confie Joëlle.
Colomina c’est non seulement une famille mais un concept. Le 27 mars prochain, elle organise un colloque sur le leasing d’art des entreprises, ce mécanisme de location d’œuvres avec option d’achat. À l’image de Jorge et Joëlle c’est un autre couple qui sera au cœur du trophée Colomina, un tournoi de golf organisé le 18 mai à Vacquerolles. Les bénéfices seront reversés au profit de leurs deux associations, Atalante et Entre ciel et mer (EVM), qui fait voyager des enfants en difficulté et des femmes en rémission de cancer. Le 19 juin, comme chaque année pour son anniversaire, la galerie ouvre sa traditionnelle soirée Blanche, qui promet quelques surprises.
• Yannick Pons
Bio express
Né en 1953 à Alcoy en Espagne, ce fils d’immigrés espagnols est aujourd’hui un artiste contemporain accompli et coté. Son « Che », définit sa peinture : C comme cohérence, H comme harmonie et E comme équilibre. Son art est qualifié de figuratif abstrait par le commissaire-priseur Arnaud Cornette de Saint-Cyr.