Publié il y a 23 h - Mise à jour le 02.04.2025 - Norman Jardin - 4 min  - vu 641 fois

FAIT DU JOUR Julien Domingues, le Gardois aux portes du stade de France

Julien Domingues est fier d’être Compsois.

- Photo : Norman Jardin.

L’attaquant de l’AS Cannes (N2) joue ce soir une demi-finale de Coupe de France face à Reims (L1). Julien Domingues, le meilleur buteur de la compétition (10 buts), a grandi à Comps où il garde des attaches, mais il a aussi joué à Jonquières-Saint-Vincent, à Beaucaire et à Aubord. Après un parcours fait de hauts, de bas et de rencontres, le Compsois découvre la médiatisation et le haut niveau à 29 ans. Pour autant, il ne compte pas s’arrêter en si bon chemin et il espère décrocher la lune en se qualifiant pour la grande finale au stade de France.

La pelouse du stade municipal de Comps ne paie pas de mine et elle n’accueille aujourd'hui que les rencontres des catégories jeunes. Cela fait bien longtemps que Julien Domingues ne foule plus le gazon de la petite enceinte, même s'il en connaît le moindre recoin. « Je sais où l’on peut trouver des ballons », affirme celui qui a grandi dans la commune. Promesse tenue, puisque très vite, le meilleur buteur de la Coupe de France 2025 déniche le précieux objet dans les herbes hautes qui surplombent le vieux terrain. Mais le temps a passé depuis que Julien écumait les stades du district Gard-Lozère avec ses clubs de Comps, Jonquières-Saint-Vincent et Beaucaire.

Julien Domingues a rencontré le grand Raymond Kopa. • Photo : archives privées Julien Domingues.

Son histoire débute comme celle de beaucoup d'enfants qui usent leurs chaussures à taper à longueur de journée dans tout ce qui ressemble de près ou de loin à un ballon. « Je suis largement Gardois et ici, chez moi ! », précise le natif d'Arles, qui est arrivé à Comps à l’âge de cinq ans en provenance de Saint-Martin-de-Crau (Bouches-du-Rhône). C’est l’époque où le gamin est toujours au stade ou au city-stade voisin de la maison familiale. Il rêve alors de son idole, le Brésilien Ronaldinho. Au fil des tournois locaux, Julien rencontre Raymond Kopa, l’ancienne star du football ballon d’or en 1958. Clin d'oeil de l'histoire, ce dernier a été la légende de Reims, club contre lequel joue ce soir Julien pour décrocher un ticket pour le stade de France. 

« Je me demandais ce que je faisais là, j’avais les larmes aux yeux »

Le football n’est pas toujours tendre et, dans les moments difficiles, certains éducateurs occupent un rôle primordial. « À Beaucaire, Philippe Bourbousson est quelqu’un qui m’a donné l’envie de continuer et d’avoir confiance en moi. C’est un personnage important de ma carrière ». Mais le courant passe beaucoup moins bien avec l’entraîneur des U19 d’Arles, au point où Julien arrête le football. « Je suis longtemps resté petit et frêle, ça ne m’a pas aidé et j’ai raté un cap », confesse le joueur de l’AS Cannes. La coupure dure un an pendant laquelle le Compsois tue le temps en jouant au futsal avec ses copains.

La période sabbatique se termine par une signature à Aubord où il découvre le monde du football en senior : « En D3 ou D4, c’était pour jouer avec mes collègues. C’est comme si j’avais arrêté le foot. Quand on s’entraînait aux penaltys, je faisais exprès de tirer fort et à côté pour aller chercher le ballon et m’isoler. Je me demandais ce que je faisais là, j’avais les larmes aux yeux. Je le vivais mal, car j’ai toujours joué pour que ma famille soit fière de moi. »

Le bourreau des Gardois

La roue tourne enfin du bon côté pour le Compsois qui s’engage au Pontet (N2) et il se retrouve un jour face à Kylian Mbappé lors d’un match face à la réserve de Monaco. « Il met un doublé et on prend 3-0, mais je ne savais pas qui il était. Au Pontet, l’entraîneur Olivier Rosset a été très important pour moi ». La descente du club vauclusien en N3 lui permet d’avoir plus de temps de jeu et d’être recruté par Marseille-Endoume qui monte en N2. Julien se blesse aux ligaments croisés du genou. Dans son malheur, il fait la rencontre de Grégory Poirier.

L’ancien Crocodile l’amène dans ses valises quand il part entraîner Saint-Malo (N2). Sportivement, l’expérience en Ille-et-Vilaine n’est pas une réussite. Le Gardois atterrit alors à Trélissac (N2), en Dordogne. En s’éloignant de sa région, Julien engrange de l’expérience. La période covid n’étant pas propice à l’épanouissement footballistique, le Gardois tente de se relancer à Cannes. Bonne pioche : « C’est un club historique et il y a une bonne pression pour réussir. Tout ce que l’on réussit ensemble, c’est magnifique. »

« J’’ai refusé deux fois d’aller à Nîmes Olympique »

Mais pourquoi le Gardois n’a-t-il jamais joué à Nîmes Olympique ? « J’ai fait une détection en équipe jeunes quand je jouais à Beaucaire. À l’époque, j’ai refusé deux fois d’aller au NO et j’ai préféré partir à Arles où je suis né et où il y avait mes copains. Mais Nîmes, c’est le grand club du Gard et aujourd'hui, je choisirais les Crocodiles car mes proches sont supporters ». À 29 ans, Julien réalise sa meilleure saison et cette dernière a vraiment décollé en Coupe de France aux dépens des Gardois puisque l'AS Cannes a éliminé Alès, Le Grau-du-Roi et Les Angles. « J'ai réussi un quadruplé contre l’OAC, c’est un match charnière pour tout ce qui s’est passé après ».

Ce soir contre Reims, le Compsois jouera le match le plus important de sa carrière. • Photo : Norman Jardin.

L’après, c'est la bagatelle de 20 buts en 15 matchs entre novembre et février, toutes compétitions confondues. En parallèle, Cannes réalise un formidable parcours en Coupe de France en éliminant Alès (N3), Grenoble (L2), Lorient (L2), Dives (N3) et Guingamp (L2). Ce soir, Julien Domingues va jouer la rencontre la plus importante de sa carrière en demi-finale face au Stade de Reims (L1). Quoi qu’il arrive, c’est la plus belle saison, de la carrière de celui qui est papa d’une petite fille depuis sept mois. Le meilleur buteur de la coupe rêve maintenant d’une finale au stade de France, bien loin du terrain usé de ses débuts. « Le stade de Comps n’a pas de nom... », commence, sans terminer, l’attaquant gardois. Il n’est pas interdit d’imaginer que le terrain sportif compsois soit un jour baptisé « Julien Domingues ». 

Norman Jardin

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