BAGNOLS Béa Johnson, chantre du « zéro déchet », veut « déconstruire les a priori »

En pleine tournée mondiale, la franco-américaine devenue en quelques années la principale porte-parole du mode de vie « zéro déchet », fera escale à Bagnols vendredi soir pour une conférence gratuite. L’occasion de lui poser quelques questions.
Objectif Gard : Comment fait-on pour ne produire qu’un kilo par an de déchets non-recyclables ?
Béa Johnson : On s’est aperçus qu’il suffisait de suivre cinq règles. Le refus du superflu, toutes les babioles publicitaires, les cartes de visites par exemple ; réduire ce dont on a besoin, on s’est séparés de 80 % de nos biens matériels, en encourageant le marché de l’occasion. On réutilise en achetant d’occasion pour remplacer le tout-jetable, on recycle et on composte tout le reste.
OG : Quel a été le déclic pour vous et votre famille qui vous a amené à adopter ce mode de vie ?
BJ : On a eu l’occasion de déménager d’une banlieue dortoir de San Francisco où il fallait prendre la voiture pour tout. On a voulu se rapprocher du centre-ville et on a loué un appartement dans lequel on n’a pu emporter que le strict nécessaire, en laissant le reste au garde-meuble, et on a adopté la simplicité volontaire. Ça nous a ouvert du temps pour nous documenter sur la situation environnementale. Par la suite, mon mari a quitté son emploi pour devenir conseiller en développement durable. Moi j’ai pris connaissance de la notion de « zero waste » (« zéro déchet », ndlr) et j’ai eu un déclic et j’ai commencé à l’appliquer. Les enfants ne s’en sont même pas aperçus, comme c’est moi qui fais les courses, j’arrête les déchets avant qu’ils ne rentrent dans la maison.
OG : Qu’est-ce que ça change au quotidien ?
BJ : Cela nous a pris du temps au départ pour trouver un système qui fonctionne pour nous, mais aujourd’hui ça nous permet de faire de grosses économies de temps et d’argent, pour l’argent c’est 40 %. Cette économie est due au fait qu’on consomme beaucoup moins qu’avant. Par exemple, on remplace quelque chose qui sort, comme une basket trouée, par une chaussure d’occasion. On achète la nourriture en vrac, on remplace le tout jetable par une alternative réutilisable… Ces économies cumulables nous ont permis de mettre des panneaux solaires sur le toit et de faire encore plus d’économies.
OG : Est-ce que vous sentez que votre discours porte, que les mentalités évoluent sur la question des déchets ?
BJ : Oui, un grand oui. En appliquant le « zéro déchet » dans notre foyer et en en parlant, on a pu déconstruire les a priori. On vit d’une façon très moderne, nous ne sommes pas sales, ni barbus ! Grâce à la couverture médiatique, nous avons pu élargir le message et inspirer des milliers de personnes dans le monde pour suivre ce mode de vie. De plus en plus de magasins de vrac ouvrent, rien que cette semaine sept personnes m’ont dit qu’on les avait inspirées pour ouvrir leur magasin de vrac, et des grandes marques me contactent avant de mettre leur produit sur le marché.
Et aussi :
Béa Johnson habite certes aux Etats-Unis, mais elle connaît bien le Gard rhodanien : originaire du Pontet près d’Avignon, elle a de la famille à Tavel, où elle vient chaque été.
Elle est l’auteure du best-seller « Zéro Déchet, comment j’ai réalisé 40 % d’économie en réduisant mes déchets à moins de 1 litre par an ! » aux éditions les Arènes.
Béa Johnson sera en conférence gratuite vendredi 3 avril à 19h30 à la salle multiculturelle de Bagnols. Infos auprès du SITDOM : 04 66 90 58 00.
Propos recueillis par Thierry ALLARD
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