NÎMES À peine sorti de détention, il se rebelle au centre de rétention et retourne en prison

Pour s’être violemment rebellé contre deux surveillants du centre de rétention de Nîmes, Abdelkarim est condamné à 15 mois d’emprisonnement par le tribunal judiciaire de Nîmes, ce jeudi 31 mars. Au lieu de repartir en Algérie, le jeune de 21 ans, tout juste sorti de détention, retourne derrière les barreaux.
Ses doigts s’agitent nerveusement sur le rebord du box des détenus de la salle d’audience du tribunal de Nîmes, jeudi 31 mars, au moment d’évoquer les violences intervenues deux jours plus tôt au centre de rétention administratif. Cheveux et regard noirs, bouc et moustaches fournis, Abdelkarim jure être victime de racisme de la part de ses gardiens.
« Il parle arabe lui maintenant ? »
« Je parlais en arabe avec un autre retenu. Le surveillant m’a dit qu’on était en France ici et que j’avais pas le droit. Mais c’est ma langue et ma bouche, je fais ce que je veux ! Il est raciste ou quoi ?, s’offusque-t-il. Ensuite, il m’a envoyé au cachot ! » Mais lorsque deux surveillants reviennent un peu plus tard le voir dans sa cellule, ils trouvent l’œil de bœuf obstrué. Ouvrant prudemment la porte, ils reçoivent alors une pluie de crachats et d’insultes. L’un est saisi au cou par le retenu et ils doivent alors s’y mettre à deux pour le maitriser au sol. « Même le transporteur vous a entendu proférer des menaces en arabes », lui fait remarquer la présidente, Aude Venturini. « Ah parce qu’il parle arabe lui, maintenant ?, proteste encore le prévenu. Ramène-le-moi, on va voir ! »
« Je comptais les jours pour rentrer au bled »
Revenant sur l’altercation, Abdelkarim insiste sur la manière dont l’a traité le premier surveillant. « Dans le cachot, il m’a enlevé ma couverture pour rien. Parce qu’il m’aime ? Non, il m’a fait des trucs racistes, s’emporte-t-il avec de grands gestes des mains. C’est un menteur : j’ai craché par terre, pas sur lui. J’ai pas de preuve, mais il y a des caméras, et comme par hasard, elles ne marchent plus. »
Il marque une pause, souffle de dépit, puis se tourne vers la présidente : « Mais ils sont malins. Ils ont regardé mon dossier et m’ont collé la même infraction que celle sur mon casier pour que tu me condamnes, poursuit-il en tutoyant la juge. J’ai déjà fait 3 ans : j’ai payé. Là, je comptais les jours pour rentrer au bled. Si je te dis ça aujourd’hui, c’est pas parce que j’ai peur de la prison, j’ai l’habitude, mais c’est pour que tu me croies ! » La juge ne relève pas ses familiarités.
« Les crachats, c’est pire qu’un coup de poing »
Mais l’avocat des deux surveillants profite de l’attitude agressive d’Abdelkarim. « Il les traite de menteurs, de racistes et de calculateurs. Mais son casier et son attitude ici montrent qu’il monte vite dans les tours et a beaucoup de mal avec le respect, oppose Jean-François Corral. Je rappelle que les agents de la PAF (police aux frontières, NDLR) ne sont pas armés, ils n’ont pour seule arme que l’autorité que leur confère ce tribunal. Les crachats au visage, c’est pire qu’un coup de poing : ça salit pour longtemps. Il ne suffit pas de se passer de l’eau sur le visage pour se sentir propre. Mon client va devoir faire des tests sanguins pendant plusieurs mois pour vérifier qu’il n’avait rien attrapé. »
« Je ne suis pas un éléphant ! »
Compte tenu du casier bien rempli d’Abdelkarim, le procureur Vincent Edel requiert deux ans d’emprisonnement à son encontre. Le jeune tique et hausse les yeux au ciel. Son avocate tente d’obtenir sa relaxe. « L’agent dit avoir été attrapé au cou, mais son certificat médical n’indique aucune trace, seulement des douleurs cervicales et des tensions musculaires, pointe Isabelle Viremouneix-Graffin. En outre, les deux prétendent être très angoissés, mais le médecin écrit qu’il ne sont ni inquiets, ni apeurés sur le plan psychologique. »
Abdelkarim tente une dernière fois de convaincre la juge : « Il est super costaud et moi je fais 60 kilos, et je l’aurai frappé ?, lance-t-il. Je ne suis pas un animal, je ne suis pas un éléphant, j’ai 21 ans. » Lorsque la magistrate lui annonce qu’il retourne en détention pour 15 mois, il applaudit avec une moue dégoutée. « C’est bien bravo ! », lâche-t-il, en repartant entre ses escortes.
Pierre Havez
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