FAIT DU SOIR Faire un festival ailleurs qu'à Uzès ? Patrick Timsit "n'y aurait pas pensé"

Patrick Timsit est le directeur artistique du festival "Uzès Seul en scène" qui célèbrera sa première édition les 5, 6 et 7 mai.
- photo Marie MeunierLes 5, 6 et 7 mai, se tiendra la première édition du festival Uzès, Seul en scène, à l'Ombrière. Au sein de la programmation, se côtoient des artistes plus ou moins connus, de diverses disciplines, de différentes sensibilités. Le directeur artistique, qui n'est autre que Patrick Timsit, nous en dit plus sur ce nouvel évènement.
On n'a pas l'habitude de vous voir avec une barbe. Vous vous la laissez pousser pour un rôle ?
Oui. Avec cette barbe, j'en ai fait trois. Je passe d'un personnage à l'autre. D'un projet plus populaire à la télé à Capitaine Marlot. Là, je la laisse pousser pour un film d'auteur. C'est diversifié, un peu comme ce festival que je ne voulais pas seulement réservé à l'humour. Quand on dit "seul en scène", on pense tout de suite humour, mais je voulais explorer cet exercice qui est de se retrouver sur une scène seul. Même si on n'est jamais vraiment seul parce qu'on est toujours avec le public.
Quand on regarde la programmation, c'est très varié. Il y a des artistes connus, d'autres moins et de toutes les disciplines...
Un spectacle comme celui de Marianne James (dimanche 7 mai, à 21h, à l'Ombrière) est complètement interactif. Elle arrive à faire chanter le public, c'est formidable. Dans un registre différent, il y aura Fred Blin (dimanche 7 mai, à 18h) qui amène tellement d'émotion. C'est le coup de cœur, c'est une des révélations du festival d'Avignon l'année dernière. Il vient des Chiche Capon, des clowns modernes, et il nous fait rire pendant 1h15. Ça devient même nerveux mais on rentre dans cet univers absolument décalé. Il y a aussi Marie-Claude Pietragalla, seule sur scène avec son incroyable spectacle de danse. Mais également, une soirée de stand-up avec des one-man-shows de Pierre-Emmanuel Barré, Doully ou encore Laura Domenge. À la fin, je vais monter sur scène et ils vont tous se payer ma tête (rires).
Il y en a pour tous les goûts en effet !
Oui, et on est bien parti pour faire plusieurs éditions. L'année prochaine, le week-end du 8 mai, je serai à Uzès. Je ne sais pas encore ce qui sera programmé. Cela peut être un spectacle équestre, de magie ou même du social.
Dans la programmation, il y a aussi, samedi après-midi, au Pont-du-Gard le concours "La Région a un incroyable talent", en quoi cela consiste ?
On a pris contact avec 400 lieux de la Région pour qu'ils envoient des candidats, qu'ils soient danseurs, chanteurs, comédiens, musiciens ou circassiens. Il y a eu une sélection et il en reste 10. Le lauréat pourra suivre une résidence artistique à Uzès pendant laquelle il pourra travailler. À la fin, il présentera son travail au public. Mon rêve serait un jour, pourquoi pas, de créer une Villa Médicis uzétienne où on aurait des artistes à l'année, qui pourraient s'isoler dans des lieux de la Ville.
Vous êtes très attaché à Uzès, vous n'auriez pas pu faire ce festival ailleurs ?
Non, je n'y aurais pas pensé de toute façon. Ça fait trente années et quelques que je vis dans un petit village à côté d'Uzès, qui est devenu mon refuge. Ça me paraissait évident de créer ce festival là où j'ai fabriqué mes racines. Et quand j'ai moi-même joué à l'Ombrière pour la première fois, je me suis dit que c'était un sacré rendez-vous. Une phrase dit "Les bâteaux sont à l'abri dans les ports mais ils ne sont pas faits pour cela". J'ai été un peu le pilote d'essai dans cette jeune salle, qui est extrêmement agréable à jouer.
Vous qui êtes plus habitué à la scène, comment vivez-vous ce nouveau statut de directeur artistique ?
C'est nouveau, mais il y a comme une sorte de légitimité. J'arrive à un moment où je connais une grosse partie du métier, ça aide. Mais un festival ne se fait pas tout seul. L'équipe de l'Ombrière est très dynamique et il va y avoir une belle couverture médiatique.
Vous l'avez dit, il y aura d'autres éditions. Qu'aimerez-vous développer dans les prochaines ?
La dimension sociale en intégrant la jeunesse uzétienne et même régionale, à travers les collèges et les lycées. J'ai envie de leur dire : "Plutôt que de traîner dans la rue, viens traîner ici." Il y a tellement de talents, tellement d'énergie. Vous savez, j'ai moi-même mis des années à m'inscrire dans un cours de théâtre, tellement j'étais gêné. J'étais timide, j'avais honte, je ne m'y voyais pas.
Quel a été le déclic pour vous ?
Mon chien (rires). Je le promenais au bois de Boulogne et je croisais souvent Jean-Michel Noirey, qui avait un atelier de théâtre. Il m'a invité plusieurs fois, mais je n'avais pas du tout envie de faire rire, je trouvais ça vulgaire. Au bout de six mois, j'y suis allé et j'y suis resté.
Il faudrait peut-être promener un chien devant l'Ombrière...
Tous les prétextes sont bons. Ce que je retiendrai, c'est qu'il ne faut pas hésiter à s'ouvrir. Beaucoup de gens se protègent et se ferment à toute rencontre, alors il leur arrive moins de mal. Mais pour qu'il arrive quelque chose de bien, il faut garder cette ouverture d'esprit et être à l'écoute.
L'ouverture, on la retrouve bien dans ce festival. Comment l'idée est née ?
Je me suis demandé ce qu'on pourrait bien faire avec un lieu comme l'Ombrière. Et puis Uzès a un côté magique au niveau de son esthétique, de ses couleurs, de son énergie. Je me suis dit qu'un festival aurait tout à fait sa place. Mais il fallait que ce festival me ressemble, c'est-à-dire qu'il soit hétéroclite, touche-à-tout, multi-domaines, pluriculturel... Je n'ai pas lâché et au final, on y arrive.
Ce n'est tout de même pas évident de créer un nouveau rendez-vous culturel...
J'ai fait beaucoup de choses différentes. J'ai réalisé des films, j'ai fait des mises en scène, j'ai fait du drame, de la comédie, des pièces de théâtre... Mais être leader d'un projet, ça ressemble à la mise en scène. C'est un exercice qui ne m'était pas si étranger.
Plusieurs représentations affichent déjà complet. Cela montre l'engouement du public...
Oui, il reste encore quelques places pour Fred Blin. J'invite le public à le voir, c'est un coup de cœur. Je tiens à en faire découvrir d'autres d'édition en édition afin de marquer la patte de ce festival. C'est notre rôle aussi. C'est également pour ça que le festival d'Avignon est utile.
On pourra vous y voir cet été d'ailleurs ?
Je vais faire le festival d'Avignon avec France Culture. Je serai dans Le Livre de ma mère d'Albert Cohen. Imany chantera pendant le spectacle, le 15 juillet, le jour de mon anniversaire, dans la cour du musée Calvet.
Programme complet de la première édition de "Uzès Seul en scène" à retrouver sur le site de l'Ombrière en cliquant ici.
Et aussi... Karim Ghiyati, directeur d'Occitanie films, animera une masterclass avec Patrick Timsit. Ce format prend la forme d'un entretien, retraçant le parcours de cet acteur, réalisateur et humoriste. Un temps d'échange avec le public est également prévu à la fin. La masterclass aura lieu le dimanche 7 mai, à 11h, au cinéma Le Capitole d'Uzès. Le tarif d'entrée s'élève à 5€ et sera entièrement reversé à la famille d'une jeune fille malade.
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