Publié il y a 18 h - Mise à jour le 03.04.2025 - Anthony Maurin - 5 min  - vu 296 fois

NÎMES L’histoire de la ville via ses textiles

Lisa Laborie-Barrière Daniel Jean Valade, Adeline Rouilly et Barbara Gouget Textiles exposition Nîmes (Photo Anthony Maurin)

Lisa Laborie-Barrière, Daniel Jean Valade, Adeline Rouilly et Barbara Gouget présentent les expositions "Textiles" (Photo Anthony Maurin)

La multiple exposition « Textiles » sera à découvrir jusqu’en novembre dans quatre lieux culturels de la cité des Antonin.

Chapelle des Jésuites Nîmes (Photo Archives Anthony Maurin).

Quatre lieux emblématiques de la culture à Nîmes vont accueillir autant d’expositions touchant aux textiles, qui, il est vrai, ont fait Nîmes au fil des âges. Après les quatre collections annuelles de la mode moderne, voici quatre expos à ne pas manquer. Nouvel adjoint à la Culture, Daniel-Jean Valade y va de son empreinte avec humour et savoir-faire : « Avant de commencer, je veux saluer, car je les connais depuis des lustres, les directeurs d’établissements culturels. Il leur faut de la liberté, cela va générer une architecture culturelle qui est une chose importante pour la ville. » Et l’élu de reprendre : « Le tourisme culturel est fondamental pour nous, mais il ne faut pas oublier le jeune public, la Ville y pensera toujours, la capillarité est essentielle dans ce que nous proposons, nous sommes une ville éminemment culturelle. »

Lisa Laborie-Barrière Daniel Jean Valade, Adeline Rouilly et Barbara Gouget Textiles exposition Nîmes (Photo Anthony Maurin)
Lisa Laborie-Barrière, Daniel Jean Valade, Adeline Rouilly et Barbara Gouget présentent les expositions "Textiles" (Photo Anthony Maurin)

Il est certain que Nîmes a tout pour rayonner sur le domaine de la culture même si nos proches voisins ont aussi de bons arguments. Le meilleur pour nous ? Peut-être son histoire riche, variée et un peu extraordinaire et qui s’est parfois exportée à travers le monde entier. « Il y a eu les Celtes, les Gaulois puis les Romains, les expositions offrent des gros plans sur la soie, le châle de Nîmes, mais aussi sur les costumes des toreros et, le meilleur pour la fin, le célèbre jean. C’est un kaléidoscope pétaradant de toutes ces images », ajoute Daniel-Jean Valade avant de donner la parole à Lisa Laborie-Barrière, conservatrice des musées du Vieux Nîmes et des Cultures taurines. Il s’agit d’ailleurs à présent de trouver un nom au musée du Vieux Nîmes qui, convenons-en, n’a rien de moderne ou de contemporain. Bref, si vous avez une petite idée, faites-la remonter !

Musée du Vieux Nîmes (Photo Archives Anthony Maurin)
Musée du Vieux Nîmes (Photo Archives Anthony Maurin)

Mais, revenons aux expositions. Comme Thésée, vous n’aurez qu’à suivre votre fil d’Ariane avec le fil conducteur de ces expositions, le tissu. À la chapelle des Jésuites, du 11 avril au 16 novembre, « Jean, un vêtement sous toutes ses coutures ». « Cette exposition avait été conçue à la Cité des sciences à Paris et a été présentée en 2021, un peu dans l’indifférence du post-covid. Elle est décalée, immersive et ludique », explique Lisa Laborie-Barrière, conservatrice du musée du Vieux Nîmes et du musée des Cultures taurines.

Il est la star du vêtement, toutes générations et milieux sociaux confondus, il s’en vend 73 par seconde dans le monde. Le jean est un vêtement empreint de légendes. Habit de travail pour les chercheurs d’or, il se répand en moins d’un siècle dans le monde, accompagnant l’essor de l’industrie textile et de sa mondialisation. Signe de rébellion de la jeunesse des années 50, vêtement de loisir et du quotidien, il occupe aussi les podiums de mode. Porté par tous, il est aujourd’hui aussi un symbole de la surconsommation et d’une industrie polluante.

Musée du Vieux Nîmes (Photo Archives Anthony Maurin)
Musée du Vieux Nîmes (Photo Archives Anthony Maurin)

« Avec « Tisser le fil », nous donnons une carte blanche aux étudiants du DN Made du lycée Hemingway, une présentation des collections permanentes sur l’histoire du textile à Nîmes, et un exposé du projet scientifique et culturel du futur musée. » Conservatrice du musée des Beaux-Arts, Barbara Gouget évoque l’exposition que son établissement accueillera. « Drapés : une histoire d’illusion(s) ». Témoin d’une société, d’un temps mais également marqueur social, la représentation du textile permet de retracer l’histoire des modes et des traditions. Dans des mises en scènes succinctes ou théâtralisées à outrance, les artistes racontent l’Histoire et content des histoires.

La souplesse des tissus et l’infinité des textures aux couleurs chatoyantes démontrent le talent des artistes, l’illusion est parfaite, ou presque. Dans cette exposition, le musée vous propose un parcours sensoriel à proximité des œuvres d’art : des matières délicates à toucher et des parfums enivrants à humer pour l’art du drapé dans tous les sens. Projet réalisé avec Christèle Jacquemin, photographe-parfumeuse-voyageuse et le lycée Saint-Vincent-de-Paul.

Le Muséum d'histoire naturelle de Nîmes dirigé par Adeline Rouilly (Photo Anthony Maurin)
Le Muséum d'histoire naturelle de Nîmes (Photo Anthony Maurin)

Pour la conservatrice, Barbara Gouget : « Il y aura la découverte des textiles via l’art, nous parlons de l’apparat, mais aussi du quotidien, sans omettre l’aspect théâtral et le côté technique. L’exposition est pédagogique, ludique, accessible avec un parcours sensoriel qui vous fera toucher des tissus et sentir des parfums ! »

Directrice du Muséum d'histoire naturelle de Nîmes, Adeline Rouilly, est, elle aussi, heureuse d’intégrer une nouveauté à sa structure. Des bâtiments qui ne demandent qu’à revivre, mais pour cela la Ville devrait injecter quelques millions d’euros pour redonner à Nîmes un muséum à la hauteur de ses collections.

« Avec « Tissus d’Afrique », nous présentons nos collections de tissus africains et nos collections d’ethnologie. Il y a une réelle vitalité du tissu africain pour la décoration. Il y aura des ateliers en famille, on va voir l’usage du pagne pour les femmes à Mayotte et des créations des jeunes du lycée Saint-Vincent-de-Paul. »

Découvrez l’histoire du textile en Afrique, avec la collection de Josette Rivallain. Des dizaines de pagnes et de vanneries, collectés en Afrique de l’Ouest, illustrent les techniques de tissages, de coloration et d’impression des pagnes. Le pouvoir d’inspiration de ces tissus africains se retrouve dans les tentures d’Anépou, artiste contemporain qui retravaille les fils des tissus africains. Une table de couture au centre de l’exposition sera l’occasion pour les visiteurs de tisser des liens entre les cultures, les pratiques artistiques, les collectes scientifiques et d’expérimenter.

De l'aficion à la collection au Musée des cultures taurines de Nîmes (Photo Anthony Maurin)
De l'aficion à la collection au Musée des cultures taurines de Nîmes (Photo Anthony Maurin)

Au musée des Cultures taurines, une autre belle exposition est prévue. « D’or et de soie, costumes de lumière du XVIIIe siècle à nos jours » sera à ne pas manquer ! Les costumes portés par les toreros dans l’arène sont un élément majeur de l’univers symbolique de la tauromachie. « La présentation de très rares costumes anciens datant du XVIIIe et du XIXe siècles, issus d’un prêt exceptionnel d’une collection particulière, ainsi que des costumes plus modernes, permettent de tracer l’histoire de ce vêtement emblématique. Les matériaux utilisés, les détails de broderies font de ces tenues de véritables pièces de haute couture. L’exposition vous invite dans l’atelier du tailleur pour découvrir les secrets de la confection de ces œuvres d’art », explique Lisa Laborie-Barrière.

Incroyable mais ne ratez sous aucun prétexte ce rendez-vous pour adultes lors des vacances de la Toussaint 18 et 19 octobre à 10h30 et 14h avec une initiation à la broderie taurine en présence d’Antonio López Fuentes, directeur de la Sastería Fermín de Madrid !

Achille et la guerre de Troie au Musée de la Romanité de Nîmes (Photo Anthony Maurin)
L'entrée de l'exposition temporaire du Musée de la Romanité de Nîmes (Photo AAnthony Maurin)

Au cœur du musée de la Romanité, le conservateur, Nicolas de Larquier, a préparé un parcours thématique sur le tissu autour de 15 œuvres de l’exposition temporaire « Gaulois mais Romains ! » qui va bientôt être dévoilée. A Carré d’Art, c’est un clin d’œil avec le travail photographique de Lotoya Ruby Frazier sur le Denim qui sera proposé.

Enfin… « Nîmes en filature », balade au départ de l’office de tourisme, à partir de juillet, sera à faire. Il est 19h, Julia, journaliste, couvre le vernissage de la nouvelle exposition du musée du Vieux Nîmes. Catastrophe, une pièce maîtresse de l’exposition vient d’être dérobée ! Personne ne doit sortir du musée avant l’arrivée de la police. Mais Julia décide de mener son enquête… Arpentez les rues en compagnie de nos personnages et laissez-vous embarquer pour un voyage immersif dans l’histoire de l’industrie textile nîmoise. Une balade sonore géolocalisée conçue et réalisée par le studio AKKEN pour Nîmes, Ville d’art et d’histoire. « Il faut se nourrir du passé et inventer l’avenir de ces éléments textiles », conclut l’adjoint à la Culture, Daniel Jean Valade.

Anthony Maurin

Culture

Voir Plus

A la une

Voir Plus

En direct

Voir Plus

Studio