FAIT DU JOUR Découverte de nouvelles pépites antiques à Nîmes !

(Photo Anthony Maurin).
Un quartier de Nemausus, entre ville gauloise et ville romaine, est à présent mieux documenté par l'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap).
Allez-y, ça vaut le coup car c’est toujours un moment un peu rare dans la vie de la ville. L’Inrap organise, ce samedi 4 février, une journée portes ouvertes du chantier que nous allons détailler dans la suite de cet article. Pour vous inscrire, c’est par là.
À Nîmes, quand on creuse, on tombe sur quelque chose d’Antique. Cette phrase, vous l’avez lue et relue, entendue et réentendue. Mais elle est justifiée. Cependant, il y a creuser et creuser...
Pour Jean-Yves Breuil, directeur adjoint scientifique et technique à l’Inrap Méditerranée : « Si nous sommes là, c’est parce que nous faisons de l’archéologie préventive. » Donc on creuse mais contraint. "C’est un projet immobilier avec la construction d’un parking souterrain. Tout sera détruit donc nous intervenons pour sauver, par l’étude, ce que nous déterrons", explique-t-il.

Grâce à l’archéologie préventive, Nîmes reconstruit peu à peu son histoire. Pendant cinq mois, de novembre à mars, les archéologues formant une armée de spécialistes relèvent, mesurent, évaluent, estiment, notent, consignent.
"Nous sommes ici au cœur de la ville, non loin de la Via Domitia, près de l’Augustéum dans un quartier d’habitations, un quartier prisé. C’est une belle habitation qui a évolué entre les Ier et IIe siècles de notre ère. Pour l’essentiel il y a une belle domus. L’autre intérêt est de restituer toute l’histoire de quartier", poursuit Jean-Yves Breuil. Oui, ce secteur de la cité, sous Auguste et jusqu’à Tibère, a beaucoup évolué et ce genre de découvertes aide à mieux connaître ces changements.
Si on remonte encore un peu le temps, de quelques petits siècles seulement, on tombe sur nos ancêtres les Gaulois. Ils vivaient déjà là, évidemment. "Au Ve ou au IVe avant JC, à l’époque des Gaulois, ici nous étions en limite de la ville. On retrouvera d’ailleurs quelques traces de cultures ou d’artisanats comme des foyers de forge par exemple." L’urbanisation romaine englobera vite fait bien fait ce quartier laissé à l’abandon autour du IIIe siècle de notre ère. "C’est devenu une friche, on y a aussi cultivé des choses un peu comme une petite campagne. En tout cas, c’est une chance qu’il n’y ait aucune autre construction dessus depuis car ça a préservé les vestiges romains."
Avec la construction du Cours neuf au XIXe devenu avenue Jean-Jaurès, le quartier mue et se transforme à nouveau. "C’est le paradoxe de ce secteur, l’histoire sera bouclée car un immeuble de standing sera construit ici."
Superviseur du chantier, Ghislain Vincent, est heureux de compléter le savoir acquis. Il reste encore pas mal de travail, notamment sur les couches inférieures, les plus anciennes. "Jusqu’à maintenant on connaît la période romaine mais on est à mi-fouille. On voit une domus au nord de la parcelle, une voie détruite par les caves modernes construites il y quelques années. On voit aussi les traces d’un incendie généralisé sur une zone bâtie mais en terre."
Cour, puits, bassin, galerie avec portique, soles décorés, mosaïques et, à la fin de l’occupation romaine, une salle réaménagée en hypocauste ! "Ne pensez pas aux thermes, mais disons que c’était une salle de réception chauffée. L’hiver, ils devaient se geler alors ils ont réaménagé cette pièce en surélevant le sol pour y faire passer la chaleur. Les murs aussi étaient couverts de briques creuses afin de la laisser passer."
La belle mosaïque, pas forcément rare mais bien conservée et surtout entière, est le centre d'une pièce d'environ 18 m2. Elle devait faire office de salle à manger, à banquet, car son style est très connu sur Nîmes au IIe siècle de notre ère. "Dès l’entrée, le visiteur était accueilli, au sol, par un grand cratère. Tous les motifs géométriques, à l’exception d’un fleuron sur lequel un pilier moderne a été posé, sont intacts. La maison devait faire entre neuf et dix pièces, entre 300 et 400 m2 mais peut-être 700 au sol avec la construction arrière. On ne sait pas s’il y avait un étage, nous avons retrouvé quelques tuiles mais peu. Elles ont dû être réutilisées plus tardivement. Par tradition, les murs étaient alors construits en terre crue", conclut Ghislain Vincent.
Ce chantier de fouille se tient en amont de la construction d’un immeuble par la société Tricontines. "Le Clos de la Fontaine arborera ainsi un véritable équilibre entre passé à retranscrire et un futur à composer. Le programme est un écrin de confidentialité qui s’élève sur 3 niveaux et 21 logements composent ce programme clair et rigoureux dont l’habitabilité est justement pensée", expliquent les constructeurs JPB Investissement et OB Développement.
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