Publié il y a 30 jours - Mise à jour le 04.03.2025 - Propos recueillis par Corentin Dimanche - 2 min  - vu 112 fois

L'INTERVIEW Isabelle Fardoux-Jouve : "On remporte des combats, mais on en perd d'autres"

À l'occasion du lancement du Mois de l'égalité marqué par la Journée internationale du droit des femmes, la conseillère départementale déléguée à l'Égalité femme-homme présente ses combats, ambitions et craintes.

Objectif Gard : Que met en place le Département à l'occasion du Mois de l'égalité ?

Isabelle Fardoux-Jouve : Les "journées départementales des femmes" et le "Mois de l'égalité femme homme en Occitanie" vont rassembler les 145 manifestations organisées à travers le département. Ce programme est constitué grâce à un réseau d'associations réuni trois fois par an. On a aussi lancé une plateforme aideauxfemmes.gard.fr et un observatoire des violences, qui émet une lettre deux fois par an. Deux concours annuels, un en mars pour l'égalité et les droits des femmes, un en novembre sur les violences, aident six structures sur des projets innovants et non subventionnés. Les premiers reçoivent 5 000 €, les deuxièmes 3 000 € et les troisièmes 2 000 €. La Maison des femmes du CHU Carémeau permet d'accueillir, écouter, soigner, accompagner et orienter les femmes vulnérables et/ou les femmes victimes de violences, ainsi que leurs enfants.

Comment se place le Gard au niveau des violences et inégalités ?

Ni mieux, ni pire. Il n'y a pas de spécificité gardoise. Force est de constater que rien n'est définitivement ou acquis, cela reste un combat. Le 8 mars sera l'occasion de nous unir de nouveau à travers la multiplicité des actions. Ce combat est en dehors des compétences obligatoires du Conseil départemental, c'est une réelle volonté politique du Département depuis presque 10 ans.

Quels sont selon vous les axes de progression et chantiers à mener ?

Je pense qu'il faut travailler les consciences et l'éducation. On le voit au niveau des violences faites aux femmes, le passage à l'acte se fait le plus souvent au moment des ruptures et naissances, car les coupables pensent que cela changera quelque chose. Si au niveau de l'éducation et de construction sociale, on arrive à faire accepter l'égalité de fait, on aura fait un grand pas. La situation étant ce qu'elle est, il faut aussi le côté répressif et la protection directe. Il faut travailler à changer les mentalités et réussir à protéger les femmes

Êtes-vous optimiste pour les temps à venir ?

On remporte des combats, mais on en perd d'autres. Ce combat est assez récent à l'échelle de l'humanité. Il faut être vigilant, aller pas à pas, tenir. Mon sentiment est qu'on amorce une phase de régression au niveau des mentalités, cela va avec l'avancée générale de la société et de la pensée réactionnaire qui remet la place des femmes en question. Je ne sais pas si les vainqueurs seront nous ou les mouvements masculinistes.

Corentin Dimanche

Gard

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