GARD Tourisme : un mois de juillet « très mauvais » et « inquiétant »
« C’est du jamais vu ! » Muriel et Nathalie, qui ont chacune leur boutique de vêtements rue des Combattants, au Grau-du-Roi, font grise mine.
Quand on lui demande de qualifier le mois de juillet qui vient de s’achever, Muriel lance « J’aurais bien un mot, mais je ne peux pas vous le dire. » Elle se contentera d’un « très mauvais. Il y a un vrai manque de touristes. »
« Le Grau-du-Roi est vide »
Nathalie pour sa part estime que le mois d’août ne pourra pas sauver la saison : « Ce n’est pas rattrapable, ce qui est perdu est perdu. »
Si le patron d’une brasserie du quai Colbert indique que pour sa part « tout se passe normalement », la gérante d’un restaurant de la rive gauche qui a souhaité rester anonyme estime « une baisse d’au moins 20 % de la fréquentation sur le mois de juillet. » Une baisse qu’elle explique par trois raisons : « le très mauvais temps, la coupe du monde de foot, et surtout la crise. C’est la première année qu’on la ressent autant, le Grau-du-Roi est vide. » Et la gérante d’ajouter : « la baisse est flagrante. C’est inquiétant. »
Tous les secteurs sont touchés
Les résultats de l’enquête menée par l’Agence de Développement et de Réservation Touristiques (ADRT) du Gard ne disent pas autre chose : sur l’ensemble du département, 60 % des professionnels interrogés estiment la fréquentation en baisse par rapport à juillet 2013. L’année dernière, ils étaient 53 %.
Toutes les zones touristiques gardoises sont touchées : que ce soit le secteur littoral et Camargue, où 60 % des professionnels sondés voient une baisse de leur activité, dans les Cévennes (53 %) ou encore dans les vignes et garrigues (63 %), qui comprend Nîmes. Alors que la cité des Antonin s’en était bien sortie en mai et juin, elle souffre cette fois-ci comme les autres.
« S’il n’y a personne, on peut tous fermer »
L’enquête de l’ADRT indique que ce « recul de la fréquentation est général, il est enregistré au niveau régional et national. » Et il touche autant la clientèle française, en baisse pour 56 % des professionnels sondés, qu’étrangère, jugée moindre par 54 % des professionnels du tourisme.
Le mois de juillet a donc été mauvais, et pas qu’en termes de météo. Quant au mois d’août, Muriel ne veut pas faire de pronostic : « revenez le 31 ! ». La gérante du restaurant de la rive gauche espère « mieux. De toute façon, s’il n’y a personne, on peut tous fermer. »
Thierry ALLARD