SAUVE Les vins bio des Cévennes encore à l'abri d'une trop grosse sécheresse

Le salon Cévinbio se poursuit toute la journée, entre 10h et 20h.
- (photo François Desmeures)Le 3e salon du vin bio des Cévennes, Cévinbio, se tient jusqu'à ce soir à Sauve. L'occasion de revenir, avec les vignerons présents, sur les conditions climatiques de l'an dernier et de l'année en cours.
Du bord de la départementale, le salon Cévinbio a migré sur la place Sivel, à Sauve, plus conviviale et qui offre une belle vue. Mais qui demande plus d'organisation et de logistique. Un peu comme les vignes, en fait, qui nécessitent sans doute plus d'attention qu'auparavant, alors que le climat se réchauffe. La sécheresse actuelle vient après la canicule et la sécheresse de l'année 2022.
Pour l'instant, d'après les vignerons en agriculture biologique présents ce vendredi à Sauve, la vigne a fait "une belle sortie, elle n'est pas stressée", constate Ronald Van Breemen du domaine le Mazelet, à Saint-Félix-de-Pallières. "Mais la même question, dans deux mois, pourrait être pénible..." Lui-même ne peut que faire le constat du retrait de l'eau, alors qu'un ruisseau courait auparavant le long de ses vignes, asséché désormais. "Pour l'instant, il n'a pas fait trop chaud. Mais j'ai quelques parcelles de jeunes vignes, de 4 ou 5 ans, qui ont du mal à pousser." Et ses parcelles de grenache blanc, l'an dernier, le vigneron les a vues "bloquées à cause de la chaleur", ce qui a au moins eu le mérite de ne pas atteindre des sommets au degré d'alcool.
"Par rapport à l'an dernier, on a quand même des pluies au printemps, constate Julien Pibarot, du mas des Manhans à Monoblet, et surtout moins chaud. D'ailleurs, les vignes sont moins développées cette année. Mais, est-ce que ça va durer ?", s'interroge l'exploitant. Avec les pluies du mois d'août 2022, Julien Pibarot se satisfait déjà d'avoir connu "une récolte normale". Un mot qu'Alexandre Thouroude n'a pas encore eu le loisir d'appliquer à sa récolte, lui qui a repris le domaine Leyris-Mazière à Cannes-et-Clairan en 2021, pour le tranformer en Clos des Ors. Depuis, il a traversé une gelée noire et du mildiou, une canicule et une sécheresse, qui revient cette année.
"Je n'ai pas travaillé les sols"
Alexandre Thouroude, vigneron du Clos des Ors
Mais s'en est plutôt bien sorti en 2022, grâce à "des vieilles vignes aux racines bien impantées", des températures nocturnes plutôt fraîches, et, surtout, une volonté de ne pas couper l'herbe entre les lignes, pour donner une forme d'ombrage aux raisins. "Je n'ai pas travaillé les sols." Une pratique qui est désormais bien partagée par les vignerons et dont les bienfaits ont déjà été constatés par l'IGP (indication gépographique protégée) Cévennes (relire ici). Et une évidence pour Frédéric Boyer, de la Tour de Baumel, à Sardan, qui fut un pionnier en la matière sur ses "huit hectares en bio et biodynamie de vignes enherbées". De quoi garantir "de la fraîcheur. Je ne tonds qu'avant la taille et la veille des vendanges, pour faciliter le travail des vendangeurs". Une fraîcheur qui lui permet de ramasser "à pleine maturité". Désormais, en plus des moutons sur ses vignes, il souhaiterait installer chevaux et vaches pour accroître la caractère vivant du sol, et retirer le palissage de ses vignes.
Et alors que certains, comme Ronald Van Breemen, lorgnent vers des cépages encore plus méditerranéens comme alternative pour le futur, d'autres, comme Simon Le Berre, du Mas Dervenn à Martignargues, considèrent cela comme "une fuite en avant". Pour lui, "c'est le modèle qu'il faudra revoir" pour s'adapter au changement climatique. En agriculture biologique, n'utilisant que des levures indigènes pour vinifier ses vins, il s'imagine "développer une partie élevage ou planter des agrumes" à terme. Quant à l'irrigation, "j'espère qu'on n'y viendra pas, tranche-t-il. Pour moi, ça illustre parfaitement l'expression un pansement sur une jambe de bois".
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