FAIT DU SOIR Deux ans après la crue, le Pont de Rastel reste sans liaison entre ses deux versants

Une bonne part du village s'est mobilisé
- François DesmeuresEn bord de rivière, la crue du Luech du 3 octobre 2021 est encore visible aujourd'hui. Les morceaux de ciment accrochés aux berges témoignent de l'ancienne présence d'un pont submersible. Si une passerelle avait bien été posée après la crue, elle ne permet que le passage des piétons. Pour les véhicules, une piste a été percée, qui relie le versant génolhacois à celui de Chamborigaud en plus de dix minutes. Et fait, en près d'un quart d'heure de trajet, le bonheur des carrossiers et des réparateurs de voiture. Les riverains espèrent une accélération des procédures. Pour l'instant, on parle du retour d'un pont en 2025.
Ils ne sont que six permanents à habiter de l'autre côté de la rivière. Enfin, à ce jour. Parce que certains sont partis, découragés par le périple qu'induisait la nouvelle piste qui a remplacé le pont submersible emporté par la crue du Luech du 3 octobre 2021. Parmi ces six, un est fortement handicapé. Un autre est traité pour un cancer. Et un troisième, en cours d'AVC, a dû prendre sa voiture pour aller tout seul vers les urgences. Sur une piste qui, par endroits, ne tolère même pas les 5 km/h. Des quatorze résidents secondaires, certains n'ont même pas pris la peine de descendre dans les Cévennes cet été, ayant déjà subi les conditions d'accès à leur résidence.
Si le remplacement du pont subit autant d'atermoiements, c'est que, pour la DDTM (direction départementale des territoires et de la mer, NDLR), il n'a jamais existé, car n'a jamais été déclaré depuis qu'il a émergé, dans les années 50. La demande de travaux devait donc être formulée ex nihilo, en passant sous les fourches caudines de la loi sur l'eau. Et puis, finalement, le dossier, dans son intégralité, a été retrouvé à la mairie de Chamborigaud. "Le fait que la DDTM reconnaisse l'antériorité du pont devrait lever un obstacle important", espère Émile Corbier, maire du village. Qui se souvient avoir proposé au sous-préfet Jean Rampon de mobiliser les moyens du génie pour monter un pont provisoire. "Le sous-préfet nous avait dit que ce n'était pas possible, que ce n'était qu'en situation de guerre ou exceptionnelle", raconte Martine Pascal, coordinatrice du Collectif pour le pont et élue de Chamborigaud, pour qui le caractère exceptionnel aurait pu être soulevé.
"Pendant trois mois, avant la création de la piste, il ne restait qu'un sentier de chêvres pour venir au village", poursuit Martine Pascal. Ensuite, il a fallu compter avec les caprices de la rivière qui, heureusement, depuis 2021, est restée plutôt calme. Car la piste passe, elle aussi, par un pont submersible. Et il arrive que pont submersible et passerelle piétonnière soient toutes deux sous les eaux. "Il nous reste, alors, une piste de neuf kilomètres pour revenir au Pont de Rastel..."
Génolhac et Chamborigaud avancent donc de concert pour réaliser les études d'impact, recruter un bureau d'étude pour la maîtrise d'oeuvre et accepter le devis de la maîtrise géotechnique. "On part sur un pont sans pilier central, poursuit Émile Corbier. Finalement, on mènerait quand même le dossier de loi sur l'eau, mais sans étude d'impact sur le village." Un petit soulagement pour le maire, "parce que s'il s'avérait que le pont risquait de faire augmenter l'eau de deux centimètres dans le village, ça pouvait faire tomber le projet".
De Génolhac ou de Chamborigaud, les deux maires ressentent tout de même "un abandon de la part des politiques", regrettant que le député, Michel Sala, ou la présidente du Département, Françoise Laurent-Perrigot, ne soient jamais venus sur place constater les conditions de vie des habitants de la rive droite. L'État a toutefois promis de financer à 50% le nouveau pont, quand sa construction était estimée à 450 000 €, avec un pilier central.
"À la DDTM à l'époque, ils n'ont pas pris en compte l'humain"
Émile Corbier, maire de Chamborigaud
Avec la hausse des matériaux et un projet revu, les maires évaluent plutôt le chantier à 600 000 €, aujourd'hui. Région et Département apporteraient chacun 15%. "L'Agglo a aussi dit qu'elle donnerait, mais on ne sait pas à quelle hauteur", avance Guy Cheron, maire de Génolhac. "On a bien travaillé avec l'agence technique du Département, parce qu'on manque d'ingénierie", explique encore Émile Corbier, qui regrette quand même l'attitude initiale des services de l'État : "À la DDTM, à l'époque ils n'ont pas pris en compte l'humain." Alors que tous, au village ou ailleurs, auraient pu arguer de l'antériorité d'un pont sur place...
Les deux communes espèrent désormais un pont rebâti dans le courant de l'année 2025. Tout en craignant un problème de santé de l'un des résidents permanents, alors que médecins et infirmiers refusent désormais de se rendre sur la rive droite sans un véhicule adapté des pompiers.
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