Publié il y a 23 h - Mise à jour le 02.04.2025 - Stéphanie Marin - 2 min  - vu 290 fois

ARLES Opération lycée mort : les enseignants grévistes de Louis-Pasquet dénoncent "un plan social"

Une opération lycée mort organisée ce mardi dans l'établissement Louis-Pasquet à Arles.

- S.Ma

À 11h mardi 1er avril, selon les chiffres du SNES-FSU, 75 % des personnels du lycée Louis-Pasquet à Arles étaient en grève pour dénoncer la suppression de cinq postes à la rentrée 2025-2026.

Entre colère et incompréhension, mais bien loin d'être résignés, une grande partie de l'équipe enseignante et les personnels de la vie scolaire du lycée Louis-Pasquet étaient en grève ce mardi 1er avril. Un mouvement soutenu par le SNES-FSU Aix-Marseille, pour dénoncer "la situation catastrophique à laquelle l'établissement est confronté." À 11h, le syndicat dénombrait 75 % de grévistes. 

Les horaires attribués à l'établissement arlésien par le rectorat ont été "drastiquement" réduits pour la rentrée 2025-2026, conséquence de quoi cinq postes vont disparaître (sur les sept annoncés à l'échelle de l'académie). Un scénario identique à celui de la rentrée 2024-2025, soit dix postes supprimés en deux ans. Parmi les enseignants touchés par une mesure de carte scolaire, Virginie, professeure de Sciences de la vie et de la Terre mais aussi référente informatique, Hélène, professeure d'Histoire-Géographie ainsi que Philippe, 62 ans, professeur de Physique appliquée. Celui-là cumule 33 années d'enseignement au lycée Louis-Pasquet. "Je suis viré comme un chien", a-t-il lâché, tête baissée, les larmes aux yeux. Ces professeurs seront "délocalisés" quelque part sur le vaste territoire de l'académie Aix-Marseille. "Nous n'avons encore aucune nouvelle pour nos affectations", souffle Hélène.

"Nous sommes les oubliés de l’académie"

De manière générale, les grévistes déplorent l'absence de communication du rectorat, "ça fait plusieurs fois qu'on les interpelle, on n’a aucune réponse". "On se sent abandonnés, maltraités. Nos élèves sont abandonnés. Nous sommes les oubliés de l’académie". "On souffre de notre positionnement géographique. On est coincés à l’autre bout du département et de l’académie". "On est dans une dystopie", enchaînent-ils tour à tour.

De cette mesure vécue comme "un plan social tel que ça se pratique dans le privé malheureusement", découlent d'autres conséquences : "des classes très chargées, avec plus de 30 élèves, dans tous les niveaux et puis l'impossibilité de mener des projets parallèles qui peuvent donner une attractivité au lycée : les prépas aux concours d'entrée aux IEP, l'accompagnement personnalisé etc." Dans une lettre adressée au recteur, au directeur académique des services de l'Éducation nationale ainsi qu'au proviseur du lycée Pasquet, les enseignants pointent également du doigt "les dérogations accordées aux familles qui cherchent à contourner la carte scolaire, systématiquement en défaveur de notre lycée et participent à la baisse des effectifs globaux.

Ce mercredi 2 avril, devant le lycée Louis-Pasquet à Arles. • DR/

Le mouvement se poursuit

Toujours en attente de réponse mardi après-midi, les enseignants ont décidé de reconduire le mouvement de grève ce mercredi 2 avril. "Aujourd'hui on ne gêne pas les cours, ni les épreuves du bac blanc car on ne veut pas pénaliser nos élèves. Mais après les vacances, s’il n’y a toujours aucune réaction, nous changerons peut-être de stratégie", suggère l'un d'eux. Contacté par la rédaction, le Rectorat de l'académie Aix-Marseille n'a pour l'heure pas donné suite à nos sollicitations.

Stéphanie Marin

Arles

Voir Plus

A la une

Voir Plus

En direct

Voir Plus

Studio