DÉPARTEMENT William Portal : « le migrant est vu comme un produit financier »

« Humaniste » revendiqué, le conseiller départemental de Marguerittes en a étonné plus d'un lors de son vote contre la rallonge budgétaire pour le suivi des mineurs étrangers.
Quelle mouche a piqué William Portal ? Élu maire depuis 30 ans et conseiller départemental depuis 27, celui qui se présente volontiers comme un politique « indépendant » et « humaniste » en a étonné plus d’un, ce fameux 14 octobre. Dans sa grande unité, les élus d’extrême-droite, de droite ainsi que du centre ont voté contre la rallonge de 6M€ du Conseil départemental allouée au suivi des mineurs étrangers.
Après les « racailles », nom employé par le président des élus RN (Rassemblement national) pour qualifier les migrants, les élus de la droite républicaine ont justifié leur vote par leur souhait d’adresser un message au gouvernement, qui ne compense pas la totalité des dépenses pour l'accompagnement de ces migrants. « L’État doit assumer ses responsabilités ! On ne peut accueillir toute la misère du monde ! », fustigeait Laurent Burgoa, président du Bon Sens Républicain.
Des migrants accueillis à Marguerittes
À cinq mois des municipales, ces postures hostiles à l’étranger ont fait grincer quelques dents. Notamment celles de William Portal qui - joint par nos soins - dit ne pas partager certains de ces discours. Bien au contraire : « Marguerittes est la commune la plus impactée par l’accueil des mineurs étrangers. Dans notre hôtel F1 près de l’autoroute, plus de 90 migrants sont accueillis. La commune a trouvé des places dans les écoles pour les enfants et ouvert des salles pour qu’ils ne traînent pas dehors. »
Alors pourquoi l’élu sans étiquette a-t-il voté contre ces 6 M€ ? « William Portal a du mal à digérer que le directeur de la communication du Département, Mathieu Laurent, fasse campagne pour son opposant aux municipales », commente l’un des membres de la majorité. « C’est faux », répond l’intéressé qui explique plutôt en avoir « ras-le-bol » que les collectivités mettent la main à la poche pour « une compétence qui relève des prérogatives de l’État. »
« Il y a un problème d’éthique »
Sans compter que « l’argent des pouvoirs publics sert à financer la société d’économie mixte Adoma qui se fait de l’argent sur le dos des mineurs étrangers ! Les migrants sont vus comme des produits financiers. Il y a un problème d’éthique », balance William Portal qui a un « dossier complet » sur le sujet. D’ailleurs dans ce dossier : « je n’ai aucune lettre de soutien du président du Conseil départemental », conclut l’édile qui aurait apprécié s’entretenir avec Denis Bouad avant le vote du polémique rapport.
CM
coralie.mollaret@objectifgard.com
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