ANDUZE Corinne Maeght revient multi-médaillée du salon du chocolat parisien

Corinne Maeght (ici devant les plaques symbolisant ses récompenses) s'est mise au chocolat il y a moins de dix ans
- François DesmeuresElle s'est lancée dans le chocolat en 2015 et en a récolté les fruits presque immédiatement. Artisane confirmée, validée par ses pairs au niveau international, elle a déjà formé une quarantaine de personnes aux subtilités du métier en version "bean-to-bar", soit du traitement de la fève de cacao à la conception de la tablette. Fin novembre, elle a sidéré la concurrence en étant la seule à ramener avec elle quatre médailles - dont deux en or - du World chocolat awards. Une réussite qu'elle vit sereinement, de sa boutique Chocobio de la route d'Alès, dont la vue embrasse Anduze. Rencontre.
Elle aura mis moins de dix ans à imposer son nom dans le petit milieu - qui grandit - de la production artisanale de chocolat en France. Et les deux médailles d'or et deux d'argent qu'elle rapporte de Paris ne sont pas, non plus, ses première breloques. Pourtant, la vocation chocolatière de Corinne Maeght s'est déclarée sur le tard, après de premières amours dans l'art. "J'avais plutôt une vocation de cheffe quand j'étais jeune, décrit-elle. Comme une Cévenole dont la mère et la grand-mère étaient des cordons bleus."
"Puis, je me suis littéralement réveillée un matin, en me disant "pourquoi pas du chocolat ?" Mais la chocolaterie me faisait un peu peur." Alors, elle entame un peu timidement, garnissant un pan de mur de son restaurant Les Gourmands, dans la rue Bouquerie, de ses réalisations chocolatées. "J'ai ouvert le restaurant un peu avant les fêtes de Noël. Et le chocolat s'est imposé", se souvient-elle. Les Gourmands devient donc un concept de "restaurant-chocolaterie". En approfondisant le sujet, Corinne "découvre le concept de bean-to-bar, de la fève de cacao à la barre de chocolat."
"La dégustation est similaire à celle du vin : si on ne fait pas tourner le chocolat en bouche, on n'a pas les arômes"
"En soi, le chocolat est une déjà une matière première industrielle, explique-t-elle. Moi, je suis chocolatière. Je travaille directement ma matière première. Et j'ai découvert les goûts du chocolat : la fève est l'une des graines où on trouve le plus d'arômes. La dégustation est similaire à celle du vin : si on ne fait pas tourner le chocolat en bouche, on n'a pas les arômes." Aujourd'hui, Corinne affiche vingt origines différentes, d'Afrique et d'Amérique latine. Des fèves qu'elle est alée chercher elle-même, pour lesquelles elle discute avec des petites coopératives locales, lors d'un voyage par an dans une zone de production.
"Au début, c'était difficile à trouver. Je suis partie au Pérou. Le résultat d'aujourd'hui, ce sont des années de recherche et de développement. Pour être vraiment sur du chocolat de terroir." Qui - comme le vin, toujours - change de goût selon la fève cultivée et le sol sur lequel elle a puisé ses ressources. "En Amérique du Sud et centrale, on trouve beaucoup de variétés de fèves. En Afrique, c'est différent : ils ont pratiqué une sélection génétique et ont planté beaucoup de forastero (*). Mais sur un sol volcanique, comme à Madagascar ou en Tanzanie, cette fève aura plus de complexité." En plus de former de futurs chocolatiers à Anduze - déjà une quarantaine - Corinne Maeght forme aussi les coopératives qui la fournissent.
"Le meilleur développement des arômes, c'est entre 65 et 75 % de cacao"
Et c'est bien avec des pure origine d'Afrique qu'elle est allée décrocher des médailles. L'or pour le Libéria et le Ghana, l'argent pour ceux de Côte d'Ivoire et de Sao Tomé. "Le Ghana est le plus gourmand, ou le plus conventionnel", précise-t-elle. Ces tablettes sont à 71 % de cacao, mis à part quelques incursions sur des pourcentages plus élevés. "Le meilleur développement des arômes, c'est entre 65 et 75 % de cacao. Pour la dégustation, le même pourcentage permet de voir les différences de sucrosité et de texture", explique-t-elle.
Installée à l'entrée de la route d'Alès depuis juin 2022, Corinne Maeght continue de tout faire elle-même. En créant sa propre concurrence, puisqu'elle poursuit la formation de futurs professionnels dans sa boutique - "mais on est tous différents, on a tous un palais différent". Une boutique qui possède une terrasse pour y déguster du chocolat, attablé, aux beaux jours. Et dans laquelle des petites mains s'agitent pour anticiper Noël "qui nous permet de traverser le 1er trimestre". Pour traverser l'été - quand le chocolat subit trop fortement les grosses chaleurs - Corinne s'est aussi formé à la préparation de glaces.
Tout ceci sans regretter de ne pas avoir quitté Anduze, malgré une renommée qui augmente sous le coup des médailles remportées. "J'y avais ma vie, je ne voulais pas en partir", dit-elle en jetant un regard de la rive gauche vers la rive droite. Et en appréciant la "reconnaissance" de son travail : "Quelque part, je fais partie des plus petits. Et j'ai quand même été la plus médaillée de France."
(*) Forastero : originaire d'Amérique centrale, le forastero représente 80 à 90% de la production mondiale.
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