FAIT DU JOUR Encres de couleur interdites : quelles conséquences pour les tatoueurs ?

177 605. C’est le nombre de personnes qui ont signé la pétition contre l’interdiction de certaines encres de couleurs utilisées pour les tatouages. Depuis le 4 janvier 2022, une réglementation européenne (votée en décembre 2021) interdit l'utilisation de 25 pigments, considérés comme toxiques ou cancérigènes.
Dans la profession, la colère est palpable. Le SNAT (Syndicat national des artistes tatoueurs) incite fortement les professionnels et les clients à signer la pétition. "Le recul sur le terrain n'a à ce jour relevé aucun effet toxicologique qui serait plus élevé chez les populations tatouées comparativement aux non-tatoués (...) Les allergies restent assez rares, sans gravité, et constituent le problème le plus récurrent", indique le syndicat sur son site.
Nous avons rencontré Tony Vignac, tatoueur au Chat Vrillé à Bagnols-sur-Cèze, cinq ans de métier. Cette décision est dure à avaler mais il l'accepte et tâche de se mettre en conformité. Ce sont près de 90% de ses encres qui vont devoir être jetées. "Ils considèrent ces produits nocifs mais on n'a pas assez de recul pour savoir s'ils provoquent des cancers. Le tatouage ne se démocratise que depuis 15-20 ans", considère Tony Vignac.
Une hausse du prix des encres qui va se répercuter sur la prestation
En plus de ne plus pouvoir utiliser la plupart de ses encres, il doit en racheter d'autres conformes. "Il n'existe qu'une seule marque avec des encres qui répondent aux nouvelles attentes. Au lieu de payer la couleur 17€, maintenant, on la paye 26€ voire 30€", déplore-t-il. Une hausse qu'il va être obligé de répercuter sur la prestation. Faut-il encore qu'elle puisse avoir lieu, la marque en question connaît des ruptures de stock. Les commandes peinent à être acheminées.
"J'ai de la chance, mes clients ne me demandent pas trop de couleurs pour le moment. J'ai commandé une dizaine d'unités lundi, j'attends mais je n'ai pas de nouvelles", poursuit-il. Les personnes voulant absolument de la couleur devront repasser pour ajouter les dernières touches à leur tatouage. Celles qui veulent le faire d'un seul coup ont dû repousser leur rendez-vous en février : "Le 4 janvier, sur les réseaux sociaux, et encore maintenant, on voit des tatouages de couleurs... Mais moi, je ne veux pas m'attirer d'ennuis, je suis réglo." Il continue d'exercer son métier dans des normes d'hygiène strictes, d'autant que le tatouage a le vent en poupe. Plus d'un Français sur cinq serait passé sous l'aiguille. Un phénomène qui s'est encore amplifié à la sortie du confinement : "Les gens ne sont pas sortis et ont mis de côté. Alors ils se sont offert un tatouage."
"Nous avons l’impression que l’Europe cherche un peu la petite bête"
C'est peut-être parce que la clientèle s'accroît et que le tissu de salons de tatouage s'étoffe que la Commission européenne s'intéresse de plus près à la question. Si pour certains tatoueurs, cette mesure change drastiquement leur pratique, pour d'autres, elle n'induit pas de grands changements. C'est le cas à Nîmes chez "Insolit Tattoo" au 3, square de la Bouquerie. À l'intérieur, Adèle Blanche a beaucoup de travail, et nous répond entre deux rendez-vous. Elle explique ne pas subir de conséquences suite des décisions européennes : "On trouve toujours des pigments autorisés chez les fournisseurs mais ils sont un peu plus chers. Pour autant, cela ne m’empêche pas de réaliser des tatouages ».
Les professionnels nîmois s'adaptent : « Nous avons l’impression que l’Europe cherche un peu la petite bête mais il reste des alternatives en matière de pigments », atteste Simone, une tatoueuse nîmoise qui n’a pas non plus constaté d’inquiétude chez sa clientèle. « Il y a toujours autant de personnes pour se faire tatouer. Ce qui les préoccupe, ce ne sont pas d’éventuels risques pour leur santé mais de savoir s'il y aura toujours autant de couleurs pour leurs futurs tatouages ». Selon l’agence européenne des produits chimiques, au moins 12% des Européens portent un tatouage et chez les 18-35 ans, deux fois plus de personnes sont susceptibles d’en porter un.
Marie Meunier et Norman Jardin
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